Réaction de la FMSQ à l'article de Francis Vailles

Lettre d'opinion publiée le 25 mai 2017 dans La Presse

 

Diane Francœur, M.D.
L'auteure est présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

 

Réaction de la FMSQ à l'article de Francis Vailles, intitulé « Quand notre système tue l'innovation en santé » et publié le 22 mai dans La Presse+

 

Monsieur Vailles,

Je suis désolée d'avoir manqué votre appel jeudi dernier, alors que je présidais une réunion du conseil d'administration de la FMSQ. Comme nous vous l'avons offert, je vous aurais volontiers parlé après le long congé, mais vous avez choisi de ne pas attendre de connaître notre point de vue; ce qui aurait sans doute modifié le contenu de votre chronique. Il faut que vous soyez vraiment allergique à la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) pour défendre avec autant d'ardeur le ministre Gaétan Barrette et ses combines dans une clinique de son comté.

D'abord, sachez que la FMSQ privilégiera toujours le système public que nous voulons accessible et outillé pour offrir tous les services aux patients. Votre texte est plein de raccourcis et d'amalgames qui vous ont fait manquer la part importante de coûts inutiles dans le système public lorsqu'on envoie les patients à la clinique DIX30. Eh oui, faute de cas mineurs en fin de journée, les hôpitaux doivent fermer plus tôt les salles d'opération, mais doivent quand même payer le personnel.

Vous devriez aussi savoir qu'on ne peut évaluer le coût d'un épisode de soins en clinique privée où sont exclus les patients les plus malades qui, eux, sont à l'hôpital. L'exemple de la radiothérapie est assez éloquent à cet égard : le financement ne reflète pas le coût réel, car il ne tient pas compte de la complexité des traitements modernes.

Au passage, vous faites une jambette aux chirurgiens, soi-disant toujours en retard à l'hôpital, mais jamais à la clinique DIX30; c'est peut-être parce que cette légende urbaine a fait son temps. Quant aux anesthésiologistes, la FMSQ préfère de loin qu'ils fassent du remplacement dans les hôpitaux pour maintenir des services en régions, plutôt que du remplacement à Brossard. Au fait, les chiffres que vous citez ne sont pas les bons (per diem à 600 $)… Quelle est donc votre source ?

Finalement, vous faites du racolage en vous référant à des statistiques de CIRANO sur l'innovation alors que celles-ci ont été faites dans un tout autre contexte. Chose certaine, donner un boni au privé et laisser crever le système public de santé… non, ce n'est certainement pas de l'innovation.