Négociations sur les transferts en santé : L'arroseur arrosé

Montréal, le 19 décembre 2016 – La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) est d'accord avec le gouvernement du Québec. Le Canada doit maintenir les transferts en santé à leur taux actuel.

« Aujourd'hui, même s'il n'a cessé de se désengager financièrement au fil des ans, le gouvernement fédéral veut imposer des normes, rendre ses transferts conditionnels tout en limitant leur augmentation à 3 %. Cette position, calquée sur celle des conservateurs, autrement dit : ferme, sans ouverture et sans négociation, n'est pas à la hauteur des attentes de la population et va à l'encontre des principes d'équité et d'accès pour tous en santé », a d'abord indiqué la présidente de la FMSQ, Dre Diane Francœur.

Rappelons qu'en 1966, le gouvernement fédéral s'était engagé à assumer 50 % des coûts des régimes d'assurance-maladie provinciaux et territoriaux en contrepartie de l'adoption de sa Loi sur les soins médicaux, devenue, en 1984, la Loi canadienne sur la santé. Aujourd'hui, sa contribution représente à peine 22 % des dépenses des provinces dans ce domaine pourtant crucial.

Au moment où le Canada se prépare à célébrer les 150 ans de la Confédération, le gouvernement fédéral devrait se rappeler l'esprit et la lettre de sa propre Constitution de 1867. Il devrait commencer par respecter le partage des champs de compétence et se souvenir qu'à l'origine, il ne détenait aucun pouvoir de taxation directe et que son pouvoir de dépenser était très limité. Aujourd'hui, il utilise ce pouvoir pour faire du chantage.

« Malgré le fait que nous supportions les demandes du gouvernement du Québec, nous ne pouvons nous empêcher de sourire quand nous entendons Gaétan Barrette reprocher à Bill Morneau l'attitude qu'il adopte lui-même envers nous et les autres acteurs du réseau : attendre à la dernière minute, ne pas négocier, imposer ses vues et ne pas respecter ses partenaires. J'espère que Gaétan Barrette réalise à quel point ce genre d'attitude dogmatique est contreproductive, source de frustrations et de conflits. Philippe Couillard devrait d'ailleurs en prendre bonne note », conclut Dre Francœur.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec regroupe plus de 10 000 médecins spécialistes détenant une certification dans l'une des 59 spécialités médicales reconnues.