L'utilisation optimale du médicament : la FMSQ insiste sur l'accessibilité aux médicaments pour les patients

Québec, le 21 mai 2004 – La future politique du médicament, que le ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Philippe Couillard, désire mettre en place dans les prochains mois, ne doit pas créer d'obstacles à l'accès aux médicaments que requiert l'état de santé des patients québécois, défend la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

« Nous souhaitons que l'escalade des coûts ne vienne pas compromettre l'accessibilité aux traitements novateurs que nécessitent certaines catégories de patients », soutient le Dr Yves Dugré, président de la FMSQ, à l'occasion du Symposium sur l'utilisation optimale du médicament qui se tient à Québec. « En effet, il ne faut pas perdre de vue que les médicaments font partie, pour les spécialités médicales, d'un arsenal thérapeutique essentiel au traitement du patient, au même titre que la chirurgie, par exemple. »

Invitée à se prononcer sur l'éventuelle politique du médicament, la Fédération des médecins spécialistes du Québec se dit en faveur d'une utilisation optimale et suggère que le fonctionnement du Conseil du médicament soit transparent. Il y a effectivement des risques qui peuvent survenir lorsque l'évaluation scientifique d'un médicament et l'analyse de son impact économique sont réalisées à l'intérieur d'un même organisme. À cet égard, la Fédération est d'avis que le conseil scientifique et l'analyse économique soient dissociés et que le Conseil du médicament s'inspire d'agences d'évaluation indépendantes pour réaliser ces différentes études, lesquelles devraient dorénavant être rendues publiques. La lourdeur bureaucratique actuelle nuit à l'accessibilité aux médicaments et devrait être réduite à sa plus simple expression.

Le partage d'information entre les différents professionnels qui traitent un même patient serait évidemment bénéfique à un contrôle de l'augmentation des coûts. Plus le parcours thérapeutique d'un patient est connu, plus l'utilisation optimale du médicament devient possible, mais pour y arriver, l'informatisation du réseau de la santé est incontournable. « Il faut surtout s'assurer que la prescription optimale soit effectuée par le prescripteur idéal », souligne le Dr Yves Dugré.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec croit également que davantage d'investissements en recherche par le secteur public permettraient à certains groupes de chercheurs de se pencher sur l'élaboration de guides de pratique et sur des enjeux cliniques qui pourraient améliorer les soins aux patients.


Ce sont les 34 associations en médecine spécialisée qui sont les mieux placées pour rejoindre leurs membres, les médecins spécialistes, et leur offrir des outils de formation médicale continue afin de parvenir à une utilisation optimale des médicaments. La FMSQ s'est déjà engagée dans cette voie et a l'intention de respecter ses engagements.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec regroupe près de 8 000 membres au Québec, répartis dans 34 spécialités. Seul organisme reconnu par le gouvernement pour la négociation d'ententes collectives pour les médecins spécialistes, la FMSQ est également consultée pour tout ce qui touche l'organisation des soins médicaux au Québec.