Les médecins spécialistes : le temps de « faire plus avec moins » est révolu

Montréal, le mardi 27 février 2001 – La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) se dit satisfaite de l'analyse effectuée par la ministre de la Santé et des Services sociaux, Mme Pauline Marois, concernant le rapport de la Commission Clair. Le vice-président de la FMSQ, le Dr Yves Dugré, précise cependant que : « Nous désirons insister sur quelques aspects qui permettent d'offrir une plus grande accessibilité aux soins de santé spécialisés pour les patientes et patients. » La FMSQ préconise de nouvelles avenues, retenues par la Commission Clair, comme le remplacement des équipements médicaux désuets, la réduction du nombre de paliers administratifs, la reconnaissance du médecin comme gestionnaire ainsi que la mise en place de cabinets affiliés.

La FMSQ encourage le renforcement d'une première ligne solide par l'implantation de Groupes de médecine de famille. Cette restructuration aura un fort impact sur l'organisation de la médecine spécialisée. L'important, pour la FMSQ, est l'arrimage de la médecine spécialisée à cette nouvelle entité. De plus, les changements à faire doivent être accompagnés d'investissements appropriés. Le Dr Dugré précise : « Est-il besoin de rappeler que le temps où nous devions "faire plus avec moins'' est révolue? » La FMSQ s'inquiète particulièrement du remplacement des équipements médicaux désuets et de l'acquisition de nouveaux équipements. Le rapport de la Commission Clair mentionnait un capital initial de 100 millions $ provenant des coffres publics. La création de la Fondation Québec Techmed a également été suggérée. La ministre n'a pas fait de commentaire à ce sujet. « Comment pouvons-nous pratiquer une médecine spécialisée à la hauteur de ce que nous retrouvons en Amérique du Nord si nous n'avons pas la technologie nécessaire ? » questionne le Dr Dugré.

D'autre part, Mme Marois a vaguement indiqué qu'un projet de loi serait déposé au cours de la prochaine session parlementaire pour répartir les rôles et responsabilités des établissements, des régies régionales et du ministère. La FMSQ réclame depuis des années que les paliers décisionnels soient réduits. Leur trop grand nombre nuit non seulement à une organisation de services plus performante mais est aussi d'un coût astronomique. Le Dr Dugré souligne qu' « il est étonnant de constater qu'on investit davantage dans les structures plutôt que dans les soins de santé. La ministre a perdu une belle occasion de faire des économies substantielles qui auraient pu être consacrées directement aux soins des patients ».

L'arrimage de la médecine spécialisée aux services de base passe aussi par une implication des médecins dans la gestion des établissements. Ce rôle doit être reconnu et valorisé. Leur expertise permet une optimisation de la complémentarité entre les niveaux de soins. Selon la FMSQ, cette hiérarchisation des soins de santé se reflète dans les services rendus à la population. Les chefs de département et les chefs de service doivent être reconnus comme gestionnaires et rémunérés en conséquence.

Il est regrettable de constater que la ministre demeure silencieuse quant à la notion de cabinets affiliés, présentée à plusieurs reprises par la FMSQ et retenue par la Commission Clair. Des ententes contractuelles, négociées entre un hôpital et un ou plusieurs cabinets de médecins spécialistes situés à proximité, faciliteraient l'accès rapide des patients à des services médicaux de qualité et aux plateaux techniques. Le Dr Dugré insiste : « il importe de mettre en place  un réseau le plus complet possible, et ce, à brève échéance. Plusieurs cabinets de médecins spécialistes ont les ressources humaines et matérielles nécessaires pour être en prolongement aux services hospitaliers. Par exemple, la relâche scolaire occasionne la fermeture de salles d'opération; les cabinets pourraient prendre la relève et éviter que les patients attendent encore… ». Les cabinets affiliés, en plus de permettre un élargissement de l'accessibilité, offriraient la même qualité de soins à meilleur coût.

Par ailleurs, la ministre mentionnait également que la FMSQ travaille en collaboration avec le ministère afin de dresser le tableau réel de la situation des effectifs médicaux au Québec. « À ce sujet, mentionne le Dr Dugré, nous croyons avoir fait un travail sérieux depuis quelques années. » Ce travail se poursuit actuellement dans le cadre du Comité de gestion des effectifs médicaux spécialisés. Le Dr Dugré rappelle que : « la répartition géographique doit être basée sur un modèle d'organisation clinique et non pas sur une formule mathématique coercitive ». La FMSQ est d'avis qu'une fois cet effort de concertation effectué, il suffira que le MSSS, de concert avec la Fédération et les régies régionales, applique cette répartition dont le portrait aura été fait de manière réaliste et objective, en tenant compte des besoins de la population.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec regroupe plus de 7 000 membres au Québec, répartis dans 34 spécialités. Seul organisme reconnu par le gouvernement pour la négociation d'ententes collectives pour les médecins spécialistes, la FMSQ est également consultée pour tout ce qui touche l'organisation des soins hospitaliers au Québec.
Vous trouverez le mémoire de la FMSQ, présenté dans le cadre de la Commission Clair, sur notre site Web : www.fmsq.org à la rubrique Dossiers.

-30-