Une répartition équitable des médecins spécialistes entre les régions malgré leur rareté

Montréal, le 3 mars 2004 — Dans le but d'offrir à la population de toutes les régions du Québec une meilleure accessibilité aux services médicaux spécialisés, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) sont parvenus à un consensus sur un plan d'effectifs médicaux spécialisés qui prévoit une répartition équitable des quelque 270 finissants en médecine spécialisée sur le territoire québécois. Ce plan prévoit une augmentation de 20 % de l'établissement des médecins spécialistes en régions intermédiaires et éloignées, à l'extérieur des grands centres urbains comme Montréal, Québec et Sherbrooke.

« En pleine période de pénurie, nous n'avons pas d'autre choix que de prioriser des priorités », a confié le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Yves Dugré, en conférence de presse aujourd'hui. Évaluée à environ 1000 médecins spécialistes, la pénurie, touche toutes les régions du Québec, mais les régions intermédiaires et éloignées demeurent les plus aux prises avec ce problème. Pour pallier cette situation avec comme moyen la petite cohorte de nouveaux médecins spécialistes, le comité de gestion des effectifs médicaux spécialisés (COGEMS) a réussi à atteindre un certain équilibre dans les priorités après s'être inspiré des travaux que leur a présentés chacune des 34 associations de médecins spécialistes affiliées à la FMSQ. Les travaux des associations ont permis au COGEMS d'analyser les demandes prioritaires à la fois par spécialité, par centre hospitalier et par région, de proposer des pistes de solution pour l'amélioration de l'organisation des services médicaux spécialisés et d'en évaluer l'impact sur l'accessibilité des soins à la population.

Ainsi, les nouveaux médecins spécialistes seront invités à s'établir là où les besoins se font les plus pressants tandis que les possibilités d'installation dans les régions universitaires ou périuniversitaires seront resserrées, malgré les besoins sentis en médecins-professeurs pour répondre à l'augmentation des admissions dans les facultés de médecine. Les principes qui sous-tendent cette répartition des médecins spécialistes, c'est-à-dire les plans d'effectifs médicaux (PEM) et les plans régionaux d'effectifs médicaux (PREM), ont été élaborés par la FMSQ et le ministère. En plus d'établir le nombre de médecins reconnus aux plans d'effectifs, ces plans permettent maintenant de prendre connaissance de l'ampleur des besoins en médecins spécialistes. Des règles de gestion pour le suivi mensuel des plans, effectué dans le but de s'assurer des résultats attendus et d'évaluer les situations d'exceptions, ont également été mises sur pied.

Rappelons qu'en juillet 2002, le gouvernement précédent menaçait les médecins spécialistes d'employer des mesures législatives, voire coercitives, afin de les confiner à exercer là où il le jugeait nécessaire. La Fédération avait alors entrepris une lutte pour la défense de l'autonomie professionnelle des médecins spécialistes et s'était engagée à élaborer un plan d'action dans la gestion des effectifs médicaux spécialisés, préconisant davantage des mesures incitatives afin de répondre aux besoins de la population de toutes les régions. Les plans présentés aujourd'hui témoignent du travail qui a été accompli.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec regroupe près de 8 000 membres au Québec, répartis dans 34 spécialités. Seul organisme reconnu par le gouvernement pour la négociation d'ententes collectives pour les médecins spécialistes, la FMSQ est également consultée pour tout ce qui touche l'organisation des soins médicaux au Québec.