Selon la FMSQ : l'accessibilité aux soins de santé spécialisés menacée par la Loi 34

Montréal, 11 août 2009 - La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) est particulièrement préoccupée par les conséquences qu'aura la nouvelle Loi 34 sur la pratique médicale et l'accessibilité aux soins de santé spécialisés et surspécialisés. Dans le cas qui nous occupe, les interruptions volontaires de grossesse sont un des exemples de soins qui risquent de subir les conséquences de cette loi.

Pour le président de la FMSQ, le Dr Gaétan Barrette, outre les médecins qui se voient imposer des mesures législatives et réglementaires abusives, les grandes perdantes de cet abus législatif sont les femmes : « Subir une interruption volontaire de grossesse est un événement stressant et émotif; les femmes concernées ont le droit de choisir l'environnement, tant sécuritaire qu'anonyme, que leur offrent les cliniques médicales plutôt que l'hôpital, et dans le délai prescrit.

« La coupe des centres hospitaliers est déjà pleine. Malgré les belles promesses et les beaux discours, s'ils ne peuvent dispenser certains traitements dans les délais requis et que les médecins en cabinet renoncent à cette pratique pour éviter d'avoir à devenir un centre médical spécialisé, ce sera la goutte qui fera déborder le vase », d'expliquer le Dr Barrette. Nous ne pouvons que nous inquiéter de savoir comment une patiente pourra obtenir ce service dans les délais requis. »

Rappelant qu'elle favorise un système public fort, la Fédération estime que les cabinets de médecins sont à même de dispenser plusieurs services de manière plus efficiente que les centres hospitaliers qui devraient être réservés de façon prioritaire à la prestation de soins plus aigus nécessitant une hospitalisation.

La FMSQ est en désaccord avec la Loi 34 considérant que les mesures qu'elle impose ne contribuent aucunement à une meilleure qualité ou accessibilité des soins et ont plutôt pour effet d'ajouter à une liste déjà longue des mesures bureaucratiques inutiles, de miner la collaboration des médecins, d'attaquer leurs droits et leur autonomie professionnelle, de donner des pouvoirs discrétionnaires au ministre de la Santé et de réduire l'accès de la population à nos soins médicaux.

La Fédération a d'ailleurs déposé un mémoire le 26 mai dernier, devant la Commission parlementaire qui étudiait le projet de loi 34, soulignant que plusieurs autres interventions médicales seront victimes de cette législation démesurée. À titre d'exemple, les diverses tumeurs bénignes et malignes actuellement traitées en cabinet cesseront de l'être en raison des règles imposées. « L'abandon de ces traitements dans les cabinets médicaux aura pour effet d'allonger les listes d'attente en milieux hospitaliers et de nuire à l'accessibilité aux soins. Malheureusement, ce sont les patients qui en subiront d'abord les conséquences » d'ajouter le Dr Barrette.

La FMSQ déplore que le ministre de la Santé induise encore la population en erreur. Cette fois-ci, il a affirmé que les normes dont il est question avaient été demandées par le Collège des médecins du Québec, ce qui a été démenti par ce dernier par voie de communiqué, hier. La Fédération s'interroge sur le seuil de tolérance des Québécois  envers un élu qui, sciemment, trompe la population.

La Fédération s'interroge aussi sur la  propension du gouvernement de vouloir contrôler de façon discrétionnaire la dispensation des soins en cabinet. Ainsi, elle pointe d'autres ambitions du ministre de la Santé à cet égard, notamment en ce qui a trait au projet de loi portant le numéro 26 – Loi sur les activités cliniques et de recherche en matière de procréation assistée, alors que le ministre entend à nouveau se donner plusieurs pouvoirs discrétionnaires et imposer encore une fois une multitude d'exigences aux centres de procréation assistée !

On peut consulter le mémoire de la FMSQ sur le projet de loi no 34, la comparution de la FMSQ en Commission parlementaire le 26 mai dernier ainsi que Le Mot du président sur le même sujet, paru dans l'édition de juin 2009 du magazine Le Spécialiste.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec a pour mission de défendre et de promouvoir les intérêts des médecins spécialistes membres des associations affiliées, sur le plan économique, professionnel, scientifique et social. La Fédération des médecins spécialistes du Québec regroupe plus de 8 000 membres au Québec, répartis dans 35 spécialités médicales. Seul organisme reconnu par le gouvernement pour la négociation d'ententes collectives, la FMSQ est également consultée pour tout ce qui touche l'organisation des soins médicaux au Québec.