La Fédération des médecins spécialistes réagit de façon ambivalente aux investissements annoncés pour la santé

Montréal, le 12 mars 1999 – La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) reçoit de façon positive les investissements annoncés hier par la ministre de la Santé et des Services sociaux, Mme Pauline Marois, pour les centres hospitaliers et les patients mais s'interroge sur le contenu des offres présentées par le gouvernement relatives à la rémunération de ses membres.

Réitérant d'entrée de jeu son appui aux orientations énoncées, la semaine dernière par la ministre, le président de la FMSQ, le Dr Pierre Gauthier dresse la liste des actions prioritaires à mettre de l'avant pour répondre adéquatement aux besoins de la population.

Ces actions doivent permettre : 

1. l'accessibilité à des soins de qualité;
2. un véritable leadership des CHUs;
3. l'implication des médecins dans la gestion des ressources.

Accessibilité aux soins

La FMSQ considère que la seule façon d'assurer une accessibilité raisonnable aux soins et aux services médicaux passe nécessairement par une mise en disponibilité suffisante de lits et de services diagnostiques, une augmentation du temps opératoire, la réouverture de blocs opératoires dans les centres hospitaliers et par une complémentarité accrue des cabinets privés.

Le rôle accru des CHUs

La FMSQ approuve, d'autre part, l'objectif de la ministre d'accélérer le développement du réseau des hôpitaux universitaires afin de permettre à la population de bénéficier de soins et de services de pointe par le biais d'un parc technologique renouvelé. Le président de la FMSQ presse la ministre d'enclencher rapidement son plan d'action visant à reprendre en main la gestion du réseau des hôpitaux universitaires. Le Dr Gauthier déplore en particulier la situation prévalant au CHUM qui vit dans la tourmente depuis sa création.

Devant le constat d'échec de la fusion des hôpitaux constituant les CHUs, la FMSQ entend ouvrir le débat sur la possibilité de concentrer toutes les activités relevant de leurs missions sur un seul site et ce, tant pour le CHUM que le CHUQ.

Cette opinion est étayée par divers ordres d'arguments, soutient la Fédération, dont l'historique et la culture de ces hôpitaux, la difficulté à assurer une dispensation cohérente des soins, de l'enseignement et de la recherche sur plusieurs sites, le degré élevé de désuétude de plusieurs d'entre eux, les contraintes architecturales empêchant l'installation d'équipements modernes, etc.

Le rôle des médecins

La FMSQ se dit enfin satisfaite du rôle prépondérant que les médecins seront appelés à jouer dans la gestion tripartite des ressources proposées par le ministère. Dans l'esprit du président, il ne fait aucun doute que « ce nouveau mode de gestion ouvre la voie à une reconnaissance élargie du rôle des médecins en tant que personnes-clé capables d‘aider à définir la quantité de ressources nécessaires pour répondre adéquatement aux besoins des malades » a soutenu le Dr Gauthier.

Des offres non réalistes

Par contre, la FMSQ ne cache pas son mécontentement au sujet des offres du gouvernement concernant la rémunération de ses membres qu'elle juge nettement insuffisantes. « Depuis trop longtemps, les médecins spécialistes subissent une asymétrie de leurs revenus avec leurs collègues de l'Ontario et des Etats-Unis » a soutenu le président de la FMSQ. Les médecins spécialistes québécois sont parmi les moins bien rémunérés au Canada alors que le Québec se classe tout juste en avant-dernière position devant Terre-Neuve. Selon le Dr Gauthier « cette situation a un impact négatif sur la rétention des effectifs médicaux de grande expertise en plus de contribuer à entretenir  une pénurie d'effectifs à cause du manque d'attrait ressenti par les jeunes médecins. De plus, les plafonnements de rémunération en milieu hospitalier sont un frein à l'accessibilité et causent une pénurie artificielle d'effectifs ». Pour le président, il est urgent que Québec délie enfin les cordons de sa bourse maintenant qu'il en a davantage les moyens. Le Québec consacre en effet 13 % de ses dépenses à la rémunération des médecins en comparaison de 16 % en Ontario et de 17 % en Colombie-Britannique.

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