La FMSQ souhaite que l'informatisation du réseau de la santé ne soit pas prise au milieu d'un labyrinthe juridique

Montréal, le 22 février 2005 – La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a fait valoir aujourd'hui en commission parlementaire l'importance de réaliser le projet d'informatisation du réseau de la santé proposé par le projet de loi no 83. Les médecins spécialistes croient que ce pas à franchir le plus rapidement possible sera des plus profitables aux patients et espèrent que ce projet ne se retrouve pas coincé au milieu d'un labyrinthe juridique.

Enfin un dossier informatisé !
« Le projet d'informatisation du réseau aura pour effet de permettre l'intégration des divers lieux de prestation de soins et de services de santé et la transmission d'informations cliniques, ce qui améliorera la prestation des soins auprès des patients », soutient Dr Yves Dugré, président de la FMSQ. Pour que le système soit efficace et permette aux professionnels d'avoir accès à des informations exactes en temps opportun dans le respect de la confidentialité des patients, toutes les personnes assurées par le Régime d'assurance maladie du Québec (RAMQ) devraient automatiquement être inscrites à la banque de renseignements avec la possibilité de révocation en tout temps. De la même façon, tous les médecins détenteurs d'un permis d'exercice au Québec devraient avoir un accès automatique à la banque. Bien que la FMSQ souhaite que ce projet ne se retrouve pas coincé au milieu d'un labyrinthe juridique, elle exprime cependant certaines réserves et demande à ce que les données informatisées soient utilisées à des fins cliniques et non à des fins administratives ou de contrôle.

Repenser les ententes de services pour une meilleure accessibilité aux soins
La FMSQ croit louable le but du projet de loi no 83 qui vise à responsabiliser les établissements et les prestataires de soins face à leur clientèle. La Fédération a à cœur l'amélioration de l'accessibilité aux soins pour les patients, mais en période de pénurie évaluée à 1 000 médecins spécialistes, il est impossible de combler tous les besoins ressentis dans le réseau de la santé. Elle tient de plus à rappeler qu'il est important de respecter l'autonomie professionnelle de ses membres et qu'une entente avec un professionnel autonome comme le médecin spécialiste a plus de chances de réussir si elle est faite dans un climat de collaboration. La conclusion d'ententes de services entre un établissement, ses médecins spécialistes et un autre établissement doit se faire dans un contexte de consultation avec les médecins concernés, car toute entente forcée pourrait avoir un effet contraire sur l'accessibilité aux soins.

La liberté de choix des patients, il faut la respecter
La FMSQ trouve intéressante la venue des réseaux universitaires intégrés de santé (RUIS) dans l'organisation des soins et des services de santé, mais se questionne sur leurs responsabilités et sur le rôle exact qu'ils seront appelés à jouer. Les RUIS ne doivent pas venir balayer ce qui fonctionne depuis plusieurs années, comme les réseaux existants entre médecins et entre centres hospitaliers. Ils devront éviter de créer un découpage rigide du territoire de la province qui perturberait les habitudes des patients, qui consultent le médecin et fréquentent le centre hospitalier de leur choix. En un mot, on doit améliorer ce qui doit être amélioré et respecter ce qui fonctionne déjà très bien. Ainsi, la FMSQ s'interroge sur la capacité des RUIS d'intervenir au quotidien dans la gestion des effectifs médicaux afin de prévenir les ruptures de services dans certaines régions. La FMSQ et ses associations de médecins spécialistes, qui ont une excellente connaissance du terrain et qui ont toujours joué un rôle majeur dans ce dossier, voient ceci comme un dédoublement des rôles coûteux et improductif.

Des médecins spécialistes là où les décisions se prennent
La nouvelle organisation des soins et des services de santé telle que proposée souffre, selon le président de la FMSQ, d'un manque de représentativité des médecins spécialistes. « On doit reconnaître l'expertise des médecins spécialistes dans l'organisation des soins et des services », insiste Dr Dugré. La Fédération propose à cet effet la mise en place de tables régionales des chefs de département de médecine spécialisée, qui se rapporteraient au conseil d'administration de leur agence de développement régional et dont un membre y siègerait. La Fédération souhaite que ces tables des chefs soient reconnues à part entière, comme le sont les départements régionaux de médecine générale. Par conséquent, les commissions médicales régionales deviendront obsolètes.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec regroupe près de 8 000 membres au Québec, répartis dans 34 spécialités. Seul organisme reconnu par le gouvernement pour la négociation d'ententes collectives pour les médecins spécialistes, la FMSQ est également consultée pour tout ce qui touche l'organisation des soins médicaux au Québec.