Premier Forum sur la pertinence à la FMSQ

  • L'objectif de cette démarche : les bons soins, au bon patient, au bon moment, par la bonne personne 
     
  • Consensus par les médecins spécialistes sur la nécessité de remettre en question certains gestes préopératoires

Montréal, 4 février 2020 – Les présidents des 35 associations médicales de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) ont discuté des actes problématiques et des meilleures pratiques de la profession médicale, lors d'un Forum sur la pertinence.

Les médecins spécialistes du Québec se sont engagés, dans le cadre de leur nouvelle entente de rémunération, à identifier des actes dont l'abandon ou la modification générerait des économies totalisant 240 M$. L'entente prévoit aussi la mise sur pied d'un Institut de la pertinence qui jaugera les propositions d'économies tout en maintenant la meilleure offre de soins aux patients.

Des primes à éliminer

Par exemple, des primes jugées caduques ou sans pertinence clinique ont été identifiées par les médecins spécialistes qui souhaitent vraiment l'actualisation du manuel de facturation de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), pour qu'il reflète l'évolution de leur pratique.

Un consensus s'est dégagé sur la volonté d'agir des présidents des associations médicales, afin de déterminer les données et les outils qui permettraient d'identifier rapidement des visites, procédures ou consultations qui n'ont plus leur raison d'être. Ces actes, considérés comme peu pertinents, sont notamment liés à une mauvaise utilisation des ressources.

Des défis

Les échanges ont de plus permis d'identifier les défis reliés à cette démarche de pertinence. On relève notamment les examens prescrits par la première ligne de soins de santé puisque les délais de consultations sont parfois trop longs, ou exigés par les patients.

« Pour dégager les économies qui seront réinvesties dans le réseau de santé, il faudra nous doter des outils de mesure et des données pour faire les bons choix. L'Institut de la pertinence sera fort utile en ce sens. Nous devrons bénéficier du soutien du Collège des médecins, et de celui de l'Association canadienne de protection médicale (ACPM), pour rassurer les médecins, qui respecteront les nouvelles normes de pratique afin qu'ils ne s'exposent pas à des plaintes ou des poursuites. Il faudra aussi de la volonté du côté du réseau pour changer les choses, également du côté des patients qui exigent une panoplie de tests proposés par Dr Google. Les médecins, qui par acquit de conscience prescrivent une batterie de tests non pertinents, devront être identifiés et encouragés à suivre les recommandations faites par nos experts et basées sur les données probantes », explique Dre Diane Francoeur, présidente de la FMSQ.

Nous avons fait le pont nécessaire avec les médecins de famille et l'INESSS, qui joueront eux aussi un rôle clef dans ces changements de pratique. La communication et la transparence seront de mise pour cet important projet. Pour rassurer les patients, et trouver des outils permettant de les informer au fur et à mesure que les décisions seront prises, nous ferons le lien avec leurs représentants.

Les associations médicales ont entre autres identifié de nombreux tests qui font partie du protocole lors des examens préopératoires : radiographies, échographies, électrocardiogrammes, etc. qui, en cas d'absence d'antécédents médicaux, ne sont pas toujours requis et peuvent constituer une économie. Des recommandations claires ont déjà été publiées par l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS). Il est temps de les mettre en application et de mobiliser les troupes.

« En bout de ligne, ce qui est fondamental c'est que l'on puisse offrir les bons soins, au bon patient, au bon moment, par la bonne personne », souligne la présidente.