Aide médicale à mourir : les médecins spécialistes du Québec veulent que le choix de fin de vie d'un patient soit respecté malgré qu'il devienne inapte

  • Les médecins spécialistes veulent que la volonté des patients sur leur choix de fin de vie exprimée avant l'inaptitude soit respectée.
  • Ils souhaitent aussi que la loi reconnaisse et encadre les demandes anticipées d'aide médicale à mourir.

 

Montréal, le 27 janvier 2020 – Un sondage Léger réalisé au cours des derniers jours auprès de la Fédération des médecins spécialistes du Québec révèle qu'ils sont fortement favorables aux volontés exprimées par les patients au moment où ils sont aptes à faire un choix de fin de vie. 

Dans une lettre ouverte la semaine dernière, la présidente de la FMSQ, Dre Diane Francoeur, réclamait que les Québécois disposent des forums adéquats pour se faire entendre sur certains aspects sensibles de l'aide médicale à mourir, avant que des changements ne soient apportés par le gouvernement du Québec à la Loi concernant les soins de fin de vie. Elle faisait notamment référence aux cas de santé mentale qui ne devaient pas faire l'économie d'un débat en profondeur.

 

Respecter la volonté des patients 

Dans le sondage, auquel ont répondu 1600 médecins spécialistes, il ressort que le respect de la volonté des patients pour leur choix de fin de vie soit préservé malgré le désaccord de la famille ou une situation d'inaptitude : 

  • 83 % des 1600 répondants veulent que la volonté exprimée avant l'inaptitude soit respectée; 
  • 92 % soutiennent que la volonté du patient doit primer, malgré le désaccord de la famille;
  • 81 % considèrent que la loi devrait reconnaître et encadrer les demandes anticipées d'aide médicale à mourir;
  • 80 % voudraient qu'un tiers soit chargé de faire connaître et de décider du moment opportun pour que survienne cet acte dans les cas d'inaptitude mentale;
  • 79 % des médecins spécialistes sont d'avis que l'égalité des droits de la personne vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble de maladie mentale, doit être respectée.

 

« Sur la question du respect de l'égalité des droits de la personne apte à donner son consentement, qui vit avec une déficience intellectuelle ou un problème de santé mentale, le fort pourcentage exprimé dans le sondage justifie à notre avis la tenue d'une consultation élargie et en bonne et due forme. Il est fondamental que soit dégagé un consensus qui guidera les médecins spécialistes dans ce geste. L'aide médicale à mourir n'appartient pas aux médecins, mais bien aux patients. Nous sommes là pour les accompagner dans leur choix de fin de vie », soutient la présidente de la FMSQ, Dre Diane Francoeur.

Dans l'ensemble, huit médecins spécialistes sur dix estiment que l'aide médicale à mourir constitue une avancée pour la société québécoise. Six médecins spécialistes sur dix voudraient que l'accès à l'AMM soit facilité. Un tiers des médecins répondants a reçu une ou des demandes d'AMM. 

Méthodologie

L'enquête a été réalisée entre le 17 et le 23 janvier dernier. 1604 médecins spécialistes ont répondu au sondage, dont la marge d'erreur est d'environ 2 %, 19 fois sur 20.