La FMSQ appuie le projet de loi qui rehausse à 21 ans l'âge pour consommer du cannabis

  • Pour des raisons médicales, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) estime qu'il y des risques pour la santé de consommer du cannabis avant l'âge de 21 ans.
  • La FMSQ souhaite que le gouvernement mise sur l'éducation et la sensibilisation pour prévenir les problèmes de consommation de cannabis et ses conséquences à long terme sur la santé. 

 

Montréal, le 5 décembre 2018 – La FMSQ appuie le rehaussement de l'âge légal de consommation du cannabis à 21 ans, proposé dans le projet de loi n2, Loi resserrant l'encadrement du cannabis, présenté par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, M. Lionel Carmant. Pour des raisons médicales, la FMSQ juge que toute mesure visant à repousser l'âge de la première consommation de cannabis est favorable à la santé des jeunes Québécois. 

 

Consommation de cannabis

Au nombre des maladies reliées à la consommation de cannabis figurent les cancers du poumon, les maladies pulmonaires obstructives, les cas d'asthme et de bronchite, les grossesses à risques, les interactions néfastes avec certains types de médicaments, les maladies neurodégénératives, les maladies cardiaques, la polyintoxication aux urgences, les traumatismes découlant d'accidents de la route, l'augmentation de l'incidence des troubles digestifs et de la santé reproductive. 

« Nous sommes préoccupés et d'avis que la consommation du cannabis fera augmenter le taux de prévalence de certaines maladies et qu'il est opportun de retarder le plus possible la première consommation de cannabis. D'ailleurs, une étude scientifique récente publiée dans le Journal of clinical Psychiatry démontre que les jeunes qui cessent de fumer du cannabis durant seulement une semaine voient leur apprentissage scolaire et leur mémoire s'améliorer très rapidement », explique la présidente de la FMSQ, Dre Diane Francœur. 

« Une autre étude publiée dans le Journal of Neurosciences démontre des changements dans les régions du cerveau touchant les émotions chez les jeunes fumant du cannabis au moins une fois par semaine », ajoute Dre Francœur. 

 

AUTRES PRÉOCCUPATIONS 

Cigarette et cannabis

La FMSQ a présenté deux mémoires en 2017 et en 2018, dans le cadre des consultations publiques du gouvernement du Québec, sur les conséquences de la légalisation du cannabis. Plusieurs spécialistes y exprimaient leurs préoccupations, dont des psychiatres, des pédiatres, des pneumologues, des cardiologues, des oto-rhino-laryngologistes, des obstétriciens-gynécologues, des urologues, des anesthésiologistes, des neurologues, des rhumatologues, des ophtalmologues et des infectiologues. On y mentionnait que le fait de fumer, que ce soit la cigarette ou un produit dérivé du tabac, prédispose à la consommation de cannabis. Ce lien causal a été démontré dans le cadre de nombreuses études, dont celle de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

 

Le cannabis sous d'autres formes

La menace pour la santé du cannabis s'étend aussi aux produits comestibles de cannabis, sous forme solide ou liquide. La FMSQ s'attend à un encadrement règlementaire strict et des mécanismes de contrôle rigoureux. Des cas d'intoxication de personnes âgées ont d'ailleurs été rapportés récemment. 

 

Taux de THC

La FMSQ souhaite également que la teneur en tétrahydrocannabinol (THC) contenu dans le cannabis, ou ses dérivés, soit déterminée et fasse l'objet de mesures de contrôle rigoureuses. Le lien causal entre la teneur du THC et la création d'une dépendance au produit doit aussi être étudié par l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS). 

 

Les coûts pour le réseau et les investissements en prévention

On peut s'attendre à une augmentation des coûts des soins liés à la consommation de cannabis. Le financement de ces soins ne doit pas se faire au détriment des autres types de soins ou de la prévention. La FMSQ insiste pour que les revenus tirés des taxes de vente soient utilisés pour financer la prévention, la sensibilisation et l'éducation de la population, particulièrement les jeunes, sur les effets du cannabis.