La médecine familiale

Réponse à la lettre de Dr Gilles Vincent publiée dans Le Nouvelliste le 13 décembre 2011

J'ai lu votre lettre avec intérêt et je partage votre point de vue sur la pratique de la médecine familiale. Eh oui, vous avez exactement le profil du médecin « en voie d'extinction » auquel je réfère constamment. Mes propos ne s'adressent pas aux médecins qui, comme vous, travaillent à temps plein, à raison de 70 heures par semaine et qui, après 30 ans de carrière, méritent certainement de ralentir le rythme. Je parle plus précisément du vacuum qui s'installe progressivement, du choc générationnel qui touche tous les métiers et professions, y compris la médecine, et qui fera en sorte que la relève ne suivra pas le même rythme de travail que ses prédécesseurs. Cela m'inquiète et il me semble que nous devrions tout faire pour assurer l'accès aux soins et la prise en charge des patients, comme les vôtres, quand vous déciderez de prendre un repos bien mérité. Contrairement à ce que vous pensez, je ne dénigre pas la médecine familiale. Au contraire, je la trouve importante au point de demander qu'on l'assume pleinement pour le futur. J'accepte que vous n'aimiez pas mon style, mais, pour utiliser un mot à la mode, je suis souvent indigné de ce que je vois et de ce que j'entends chaque jour sur notre système de santé tant de la part de patients que de médecins. Cette indignation se reflète forcément dans mes propos.

 

Gaétan Barrette, M.D.
L'auteur est président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.