Éditoriaux de la présidente

 
Nous reprenons, dans cette page, le texte intégral de l'éditorial signé par la présidente de la FMSQ dans la dernière édition du magazine Le Spécialiste.
 

 

Décembre 2016 – En attendant les élections...

En attendant les élections...

Est-ce une nouvelle tendance ? Après avoir dénigré les médecins, les pharmaciens, les travailleurs de la santé, les femmes, les jeunes, voilà que la nouvelle victime de notre ministre est la démocratie  ! Est-ce une dernière attaque avant de mettre son masque préélectoral et de distribuer des cadeaux qui ne lui appartiennent pas  ?

La semaine dernière, le ministre de la Santé et son gouvernement nous ont encore démontré qu'ils ne respectent ni leur parole ni leur signature. Comment accepter qu'un ministre convoque une conférence de presse et informe les principales parties concernées séance tenante que, d'une part, la négociation pour le renouvellement de l'entente débute à partir de maintenant, mais qu'il a déjà décidé unilatéralement d'ouvrir la précédente entente d'étalement (celle qu'il a lui-même signée) sous prétexte que le Conseil du trésor ne sait ni compter ni faire des projections d'enveloppe budgétaire ! Pincez-moi, je rêve  !

Quels messages devons-nous retenir de cette sortie surprise, un lundi matin, jour de l'Halloween  !

Le message du ministre  : les médecins sont des enfants gâtés et trop payés qui ne méritent rien d'autre ; vite, qu'ils soient jugés et lynchés sur la place publique, sans procès  !

Le message des médecins spécialistes  : voilà un gouvernement qui ne respecte ni sa signature ni la démocratie. Le droit de négocier est un principe fondamental dans le monde syndical et n'a jamais été bafoué en conférence de presse, comme en annonçant d'avance à la population les résultats de ce qui devrait être une négociation.

Facile de monter le public contre les médecins en parlant toujours d'argent. Il sera moins facile de justifier les mauvais choix du ministre, qui coupe sans vergogne dans les soins aux patients en faisant porter l'odieux de ses décisions aux PDG des hôpitaux, qui craignent plus que tout de perdre leur job.

Si vous trouvez que j'exagère, je me permettrai d'en ajouter une couche (rien à voir avec la saga des CHSLD). APRÈS les consultations sur le projet de loi no 92, Loi visant à accroître les pouvoirs de la Régie de l'assurance maladie du Québec et modifiant diverses dispositions législatives, le ministre a déposé une soixantaine d'amendements qui n'étaient pas dans le projet de loi initial. Toutes les parties intéressées, comme notre Fédération, qui ont travaillé à préparer des mémoires sur ce projet de loi se sont bien fait avoir. J'insiste  : la quasi-totalité des articles du projet de loi initial ont subi des amendements déposés après les consultations ! Serons-nous entendus à nouveau compte tenu de ces nouveaux libellés  ? Ben voyons  !

Inutile de s'époumoner sur les possibles écarts du président américain élu, M. Trump, et son futur gouvernement lorsqu'on a si peu de respect chez nous envers les principes démocratiques qui ont permis au Québec de préserver les droits de tous dans le respect des intérêts de chacun.

Cela nous rappelle tellement avec quel enthousiasme le ministre de la Santé, autorisé par son gouvernement, a utilisé la même fanfaronnade en imposant les «  lois 10 et 20  ». Parlez-en aux fertologues, mais surtout aux couples infertiles qui ont reçu des factures salées pour des soins qui n'étaient plus assurés à partir de l'entrée en vigueur de ces deux lois. Les amendements étaient tellement flous que nous avons dû attendre trois semaines avant de recevoir le texte de loi final et être capables d'expliquer aux médecins et aux patients cette pathétique nouvelle réalité. J'imagine que les couples infertiles étaient, eux aussi, un groupe de bébés gâtés  !

Pas de quoi être plus fier du côté des partis de l'opposition qui sautent à pieds joints dans le piège du ministre et se gargarisent eux aussi de notre soi-disant statut d'enfants gâtés. Ils se font plaisir en frappant allègrement sur l'ancien président de notre Fédération, devenu candidat caquiste, puis transfuge libéral, puis ministre. Nous sommes des dommages collatéraux.

Qu'à cela ne tienne. Nous poursuivons ce pour quoi nous sommes devenus médecins. Je m'en souviens. Et vous  ? En cette fin d'année, prenez un instant pour vous rappeler avec quelle fierté vous avez fait votre entrée dans cette magnifique profession. Puis, projetez-vous en 2017, et pensez à tous ceux et celles qui vont avoir besoin de votre expertise médicale, à ceux et celles que vous allez guérir, à ceux et celles dont vous allez améliorer la qualité de vie, à ceux et celles à qui vous allez sauver la vie, à ceux et celles à qui vous aller permettre d'entrer dans ce monde et, malheureusement, à ceux et celles que vous allez accompagner vers un autre monde. C'est ça être médecin spécialiste, quoi que le reste du monde puisse en penser.

Je termine en vous offrant mes meilleurs vœux du temps des fêtes. Permettez-moi de remercier de façon particulière toute mon équipe pour tout le travail accompli cette année encore : les membres du CA, les directrices et les directeurs ainsi que l'ensemble des employés de la Fédération. Qu'ils se reposent bien durant cette pause de fin d'année. La prochaine ne s'annonce pas nécessairement plus réjouissante  !

 

Septembre 2016 – Saisissons l'occasion !

Saisissons l'occasion !

C'est reparti ! Je dois vous avouer que nous avons été particulièrement heureux de ne pas être la cible des médias pendant l'été, pendant les vacances du ministre. Serait‑il possible que le Doctor bashing soit entretenu par le ministre lui-même  ? Hum  ! Cette période d'accalmie nous a permis d'approfondir notre réflexion sur les enjeux décisifs qui seront à l'ordre du jour cet automne. Nous avons modifié notre stratégie fédérative en mettant l'accent sur un leadership positif et sur nos résultats, ce qui se traduit et se traduira en mesures concrètes dans le système public de santé. Nos positions seront déterminantes pour atteindre les objectifs de l'entente intervenue avec le MSSS.

Au moment d'écrire ces lignes, nous attendons toujours le règlement sur l'épineux et sempiternel dossier des frais accessoires. Notre position est claire et elle a été entérinée en juin, lors d'une assemblée spéciale des délégués. Il était prévu que le ministre publierait un règlement déterminant l'issue du dossier des frais accessoires avant la fin de la session parlementaire, ce qui n'a pas été le cas. Nous sommes, comme toujours, en mode collaboration, mais aussi prêts à passer en mode attaque. Nous ne souhaitons surtout pas voir disparaître des services de soins spécialisés. Certains services à la population doivent rester en milieu hospitalier, sinon ils risquent de disparaître totalement, car nos cabinets médicaux ne sauraient absorber le coût des promesses électorales. La FMSQ ne financera pas, à même son enveloppe, les coupes budgétaires imposées aux centres hospitaliers par ce gouvernement.

Renouvellement de l'entente

Toujours pas de nouvelles au sujet du renouvellement de notre entente, qui est échue depuis le 31 mars 2015. Personne au gouvernement ne semble avoir le mandat de négocier la prochaine entente. Qu'on se le dise, la «  clause remorque  » est là pour rester. Il y a toujours une limite à ce qu'un gouvernement ne respecte pas sa signature, surtout lorsqu'on s'approche tranquillement des prochaines élections.

Nos énergies sont actuellement consacrées à l'énorme changement qui s'amorce, soit le déploiement des mesures se rapportant aux quatre chantiers mis sur pied à la suite de notre entente avec le MSSS dans le cadre de la «  Loi 20  ». À la Fédération, les directions des Affaires professionnelles (Dre Drouin), des Affaires économiques (Dr Ouellet) et des Affaires juridiques et de la Négociation (Me Bellavance) pilotent ces dossiers de façon admirable ; c'est une entreprise colossale qui s'ajoute à tous les enjeux du quotidien. Je tiens aussi à souligner l'implication constante des membres de mon C.A.  : Dr Ferland , Dr Girard, Dr Grégoire, Dre Tousignant ainsi que la collaboration incontournable des membres désignés par les associations médicales et leurs présidents avec qui nous travaillons intensément depuis janvier dans ces dossiers. Ensemble, ils ont créé des outils de travail et de mesure qui nous permettront d'atteindre nos objectifs. Le travail effectué jusqu'à maintenant est considérable et je les remercie tous  !

Notre objectif est de présenter une nouvelle façon de fonctionner qui vous permettra d'optimiser votre pratique  : meilleure efficacité dans la prise en charge et les suivis «  des bons patients au bon moment ». Nous avons l'occasion de changer les mauvaises habitudes du système de santé. Que ce soit en raison de la «  Loi 20  » ou de l'entente qui lie tant le MSSS que la FMSQ, la collaboration est la priorité et le ministère s'est engagé à corriger au fur et à mesure tous les écueils et toutes les problématiques. Du jamais vu  !

Des stratégies gagnantes à votre portée

De concert avec le MSSS et pour atteindre les objectifs poursuivis, nous avons repéré des centres qui ont modifié leurs façons de fonctionner pour atteindre ces cibles. Après avoir étudié et évalué les retombées potentielles sur l'ensemble du réseau, nous avons déterminé les changements à faire et les avons apportés à l'aide des ressources nécessaires. Tous les établissements bénéficieront de ces améliorations et nous sortirons tous gagnants de cette réorganisation… surtout les patients. Cependant, ce ne sera pas facile. Cela dit, nous n'avons pas de baguette magique pour tout faire d'un seul et même coup.

Nous souhaitons que cet exercice redonne confiance aux médecins spécialistes ; nous souhaitons qu'ils reprennent le goût de s'impliquer, surtout dans ces «  nouveaux établissements  », ceux qui semblent avoir perdu leur âme. Nous devons nous réapproprier ce souci du service à la clientèle que nous avions avant et qui a été malheureusement perdu ; nous devons l'imposer partout dans nos hôpitaux ; nous devons mieux connaître et mesurer nos délais d'attente et exiger les ressources nécessaires pour les diminuer. C'est le défi que nous nous sommes donné… et les sceptiques seront confondus  !
Nous entamons, notamment avec cette édition du magazine Le Spécialiste, une campagne d'information qui vous permettra de tout savoir sur ces quatre mesures et sur l'évolution de chacune d'entre elles par rapport aux objectifs. Nous vous tiendrons régulièrement informés. Préparez-vous à vous faire inonder de courriels, de webinaires et de rencontres d'information.

Vous n'êtes pas convaincu ? Vous restez insatisfait ? Votre scepticisme devant toutes ces coupes budgétaires est plus fort que tout  ? Tant mieux  ! C'est ici que vous devrez vous impliquer et devenir ces agents de changement nécessaires pour l'avenir (et l'excellence) de la médecine spécialisée au Québec. Nous vous attendons.

Bonne rentrée à tous  !

 

Juin 2016 – Le vent a tourné

Le vent a tourné

Comme dans une tornade, le ministre se retrouve dans une situation surprenante : le vent est tombé, les dégâts sont notoires et nous ne savons pas si le tourbillon repartira dans l'autre sens. Celui qui ne voulait pas que son nom soit associé au règlement de l'épineux dossier des frais accessoires risque de l'être, mais avec des résultats moins glorieux.

Ce dossier ne peut bien se terminer. Les intérêts des membres sont différents, car 70% de nos collègues n'ont jamais mis les pieds dans un cabinet. Travaillant à l'hôpital seulement, ils ne peuvent réaliser l'ampleur des conséquences. Je rappelle aux tenants de la pensée magique que le gouffre lié aux frais accessoires s'est creusé au moment du virage ambulatoire, où certaines spécialités ont été «  invitées  » à sortir les cliniques externes des établissements afin de faire de la place à d'autres activités hospitalières. Nous n'avons aucun problème à continuer d'effectuer des consultations ou des procédures mineures en cabinet, mais pensez-vous sérieusement que nous assumerons, à même notre masse, toutes les coupures de services que nous vivons présentement dans les hôpitaux  ? Poser la question, c'est y répondre  !

L'équilibre précaire entre notre contrat social et les enjeux concrets de l'accessibilité sont au cœur de nos décisions. Oui, la Fédération fera sa part. Nous l'avons dit et nous l'assumerons. Cela dit, la ligne double que le ministre doit dessiner pour circonscrire le panier de services hors établissement ne peut se transformer en ligne pointillée. Certaines modalités doivent être explorées pour faire le transfert des procédures impliquant une technologie très onéreuse. Nous trouverons des solutions, car il n'y a pas de causes désespérées… sauf en politique  !

La fin de l'année scolaire approche et certains sont déjà anxieux de recevoir leurs bulletins de notes. Commençons par notre ministre de la Santé  : un réseau fragilisé par les «  Lois 10 et 20  », un smog si dense entre les administrateurs que la communication est impossible, un projet d'optimisation des laboratoires (Optilab) débuté sans que les critères de base ne soient en place pour le transport efficace et sécuritaire des échantillons, et surtout sans que le réseau informatique permettant l'accès aux résultats ne soit fonctionnel. Il n'y a pas de récompense à l'horizon…

Toutefois, de notre côté, nous avons relevé le défi des quatre groupes de travail mis sur pied dans le cadre de la «  Loi 20  ». La participation de vos présidents et de vos représentants est vraiment impressionnante. Nos quatre chantiers évoluent bien, nous sommes dans les temps, identifiant les problèmes et offrant des corrections au fur et à mesure. Nous avons décidé d'opter pour une méthode collaborative et positive, c'est-à-dire de faire la promotion des leaders médicaux de chacun des quatre groupes de travail et de nous assurer que la procédure qu'ils ont développée avec leur équipe puisse être appliquée dans les autres centres.

Nous sommes convaincus que nous atteindrons nos objectifs. Les principes de base sont simples  : priorisation, respect des délais et ressources hospitalières disponibles pour y arriver. Enfin un projet collaboratif et prometteur qui pourra, selon moi, nous redonner la foi et le goût de nous investir dans l'organisation des soins  ! Soyez à l'affût, nous sommes capables de faire une différence.

En prévision des vacances estivales, vos agendas sont bien remplis de vos horaires de cliniques et de gardes supplémentaires. Profitez-en bien lorsque votre tour viendra pour prendre une pause en famille, entre amis. Il est toujours important de réévaluer votre agenda pour concilier travail et vie personnelle… (ne pas lire «  d'envisager le temps partiel  », mais bien de vous entourer de gens qui pourront vous aider dans vos tâches non médicales).

Je vous encourage aussi à réfléchir sur votre position personnelle en tant que médecin spécialiste par rapport à la profession que vous avez choisie et à l'accomplissement des obligations qui y sont associées. Si, comme la grande majorité des médecins engagés que je côtoie, vous faites vos cliniques, vos gardes, vos comités, votre DPC et vous êtes attentifs aux besoins de vos patients, vous avez trouvé l'antidote qui vous permet de vous libérer du marasme du «  doctor bashing  » quotidien. Nous pourrons tous aller en thérapie collective lorsque les résultats des efforts engagés dans nos quatre chantiers d'accessibilité seront au rendez-vous. Les médias devront alors s'acharner à dénigrer d'autres groupes  !

 

Mars 2016 – Et si on se tenait debout

Et si on se tenait debout

L'année a commencé comme la précédente s'est terminée ; le «  Docteur Bashing  » semble là pour rester. Mettez vos bouchons, sortez vos crayons et ne vous gênez pas pour répondre à tous ces manipulateurs de l'information. Si on soignait nos patients avec si peu de rigueur… mieux vaut ne pas y penser.

] Bientôt deux ans à la présidence ! Je connais nos dossiers et les maîtrise. Je vois très bien où le ministre, les médias et les oppositions veulent nous amener : à l'attaque  !

Mon constat  : nous devons nous assumer  ! Notre rémunération, avec l'étalement, est conforme à la cible que nous visions il y a maintenant plus de 10 ans, c'est‑à-dire la moyenne canadienne en respectant «  la richesse collective Québec‑Canada ». Or, rémunération rime avec obligations. Nous devons donner des services et des soins à la population dans des délais acceptables. Nous devons remplir nos cliniques, prioriser les urgences, remplir nos salles d'opération et assurer la garde malgré les mariages forcés de la «  Loi 10  ». Nous ne manquerons jamais de patients ; ils sont de plus en plus âgés et les situations cliniques complexes de plus en plus fréquentes.

Toutefois, notre patient le plus instable est le système de santé et il est dans une préoccupante précarité. En cette période de fin d'année budgétaire, on assiste à des coupures plus ridicules les unes que les autres, mais surtout des coupures troublantes. Il n'y a qu'une façon de stopper la «  créativité » des PDG visant à masquer les coupes de services  : indignez-vous et défendez vos patients  ! Les coupes de services non justifiées font partie du quotidien, le personnel est à bout et les patients s'empilent. Notre rôle dans ce cirque est de «  gérer le trafic  » selon les besoins des patients… pas pour permettre au PDG de boucler son budget, ni au ministre de bien paraître à la télévision. Je vous défie de trouver un seul PDG qui osera défendre des coupes de services ayant des impacts sur les soins des patients si vous vous tenez debout aux côtés du patient et de sa famille.

Aucune règle comptable ne peut remplacer votre jugement clinique, à moins que le ministre ne se positionne et coupe clairement dans l'offre de services, comme cela se fait actuellement pour la procréation assistée alors que, oui, l'infertilité médicale est une maladie. Si, toutefois, c'est votre hôpital qui est désorganisé, vous avez le choix : soit vous êtes un acteur du changement et vous participez aux décisions, soit vous êtes un spectateur et vous subissez. 

50 ans et toujours présente

Le 14 décembre 2015, la Fédération a eu 50 ans  ! En relisant les textes du numéro hors série du Spécialiste, on constate rapidement que même si les acteurs changent, le scénario est le même, sauf pour la finale. Nous sommes maintenant bien positionnés côté rémunération, donc sous haute surveillance. Il faut livrer une médecine qui corresponde aux besoins de la population. En français, cela veut dire  : pertinence, qualité, livrables, gestion serrée, engagement des médecins spécialistes.

La Fédération fait sa large part  ! Nous sommes impliqués de très près dans les achats regroupés et travaillons à une procédure qui assurera que les experts choisis soient représentatifs des utilisateurs des équipements. Ces mêmes experts reconnus dans leurs associations médicales, peut-être vous, seront à même d'expliquer le choix des équipements et leur performance. En faisant bien les choses, les achats regroupés nous permettent de diminuer les coûts même dans le cas d'équipements de toute dernière technologie.

Nous travaillons également avec l'INESSS pour optimiser la sélection des groupes d'experts et nous assurer que des représentants de nos associations médicales feront partie de ceux qui aideront au déploiement des nouvelles normes de pratique dans les congrès et sur la plateforme d'apprentissage en ligne de la Fédération. Les travaux de l'INESSS ont malheureusement été trop souvent tablettés après des heures et des heures de travail qui n'étaient pas toujours en lien avec le «  quotidien du terrain  ». Ce nouveau partenariat nous permettra de bonifier l'équipe de l'INESSS avec des cliniciens reconnus par leurs pairs. Préparez-vous à être sollicités par vos associations, ce sera une belle aventure. Qui d'autres que vous est plus au fait des changements dans chacune de vos spécialités  ?

Nouvelles normes d'éthique et d'obligation de DPC obligent, nous relevons le défi. La commission Charbonneau, l'UPAC et le Vérificateur général donnent le tempo. À l'heure des médias sociaux où la nouvelle, bonne ou mauvaise, réelle, romancée ou carrément fausse, vit quelques heures, nous devons montrer patte blanche. Nous sommes continuellement sous l'écran radar et devons redéfinir les règles du jeu. Le rôle de la Fédération est maintenant celui d'un catalyseur de DPC, c'est-à-dire de vous fournir tous les outils possibles pour vous faciliter l'application des règles, la compilation de vos activités, un accès facile à des activités de section 3. Nous avons rencontré les doyens de toutes les universités du Québec pour leur offrir un partenariat qui permettra de ventiler et faire rayonner l'excellent travail de nos collègues académiciens. Tout ceci à un clic de votre doigt. Je sais que nous sommes tous très occupés et que votre volonté de rester les meilleurs est omniprésente. Je vous connais  !

Voilà un état de situation plutôt stimulant. Et comme le disait Philippe VI de Valois  : «  Qui m'aime me suive  !  »

 

Décembre 2015 – Pourquoi ce n'est pas simple ?

Pourquoi ce n'est pas simple ?

Le ministre tour de contrôle : il est partout, se mêle de tout et veut tout contrôler. Un personnage avec qui nous n'avons pas le choix de vivre… pas simple  ! Il a encore beaucoup de projets dans ses cartons pour 2016, ce ne sera pas simple, non plus.

Sa prochaine initiative : le financement à l'activité. Vous pouvez toutefois vous immuniser contre cette attaque : reprenez le contrôle de votre hôpital blessé et fragilisé par la Loi 10. Sans effort, point de salut  ! Si vous ne l'avez déjà fait, il est vraiment temps de vous positionner comme médecin : ne manquez aucune réunion de service, de département ou de CMDP. Comme chef, assurez-vous de bien comprendre la dynamique du budget, des achats, de l'évaluation des coûts opérationnels, et ce, pour être en mesure d'évaluer le financement de chacun des épisodes de soins dans lesquels vous êtes impliqués. Qui mieux que vous connaît la réalité et la complexité des soins que vous dispensez ? Vous ne laisserez quand même pas cela uniquement dans les mains d'un gestionnaire administratif  ?

Vous trouvez que j'exagère  ? Demandez aux collègues de radio‑oncologie qui ont été mis à ce régime minceur depuis le printemps 2014 et qui doivent conjuguer avec le fait que seul le premier quartile du coût est pris en compte dans l'évaluation budgétaire, peu importe  ! Nous devons nous préparer, car ce sera le prochain lapin que le ministre sortira de son chapeau. Et, comme chaque fois, nous serons visés lorsque le fait sera accompli. Lorsque nous aurons une meilleure idée de ce qui s'en vient, nous essaierons de prévoir des séances de formation afin de vous fournir les outils nécessaires pour que vous deveniez des incontournables de ce financement, qui risque de vous limiter dans votre pratique s'il ne tient pas compte de toutes vos réalités.

Difficile de garder le cap à travers toutes ces accusations publiques qui nous font passer pour des voleurs et des profiteurs... D'un côté, les chroniqueurs, les analystes, les commentateurs et les éditorialistes qui n'ont jamais à faire la preuve de ce qu'ils avancent. De l'autre, les partis d'opposition, Diane Lamarre en tête, qui se gargarisent de tout ce qu'ils peuvent ajouter, voire inventer, pour nous faire passer pour des escrocs. Ce que la politique partisane peut faire ! Facile de donner son opinion, quand ce qu'on pense n'a aucune incidence sérieuse, quand on n'a rien à prouver ! Pas mal plus difficile de donner une opinion médicale lourde de conséquences sur la vie d'un patient lorsqu'il n'y a pas de bonnes réponses, d'annoncer la mort à venir ou la triste fatalité. Mais, moi, je ne changerais pas ma place de médecin spécialiste avec quiconque  !

Nous n'avons pas besoin de démontrer la spécificité de la médecine spécialisée, nous livrons  ! En plus de ce qui est notre quotidien, pensons aux chirurgies de pointe et aux travaux de recherche publiés par nos pairs québécois. Nous offrons une qualité de soins qui fait envie ailleurs, vous le savez et le constatez dès que vous sortez du Québec pour des congrès internationaux. Il est toutefois temps que ce dénigrement cesse. Référez ces bien-pensants à cette excellente série télévisée, De garde 24/7, qui met la pratique médicale en perspective. J'en profite, en votre nom, pour remercier et féliciter chaudement nos collègues qui ont généreusement ouvert leur quotidien, leur expertise, leurs doutes, leurs émotions, leur tête et, surtout, leur cœur. Tout le monde en parle (sans jeu de mots), les commentaires sont dithyrambiques (à raison), les téléspectateurs sont émus (on les comprend), les chroniqueurs en redemandent (nous aussi). Alors, c'est quoi le problème ? Lequel de tous ceux qui se réclament défenseurs du public aurait envie de prendre la place de ces médecins, ou en serait même capable, dans un des épisodes  ?

Parlant d'expertise, un mot sur notre récente Journée de formation interdisciplinaire. Quelle belle journée  ! Plus de 1 000 médecins spécialistes ensemble, soucieux d'acquérir de nouvelles connaissances et de rester au fait dans leur spécialité, pour devenir encore meilleurs. Je veux d'ailleurs féliciter les trois récipiendaires de prix d'excellence en transfert des soins, une VRAIE démonstration de collaboration et d'interdisciplinarité.

Ceci est mon dernier éditorial de l'année 2015. Une année difficile, mais comme dit à Nietzsche : 

«  ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort ! Même si l'année 2016 ne présage rien de positif, nous sommes forts !  » Merci à mon équipe : les membres du conseil d'administration, les directrices et directeurs, les membres du personnel de la Fédération, les délégués, les présidents et le personnel des associations  !

Pour 2016, je me permets de rêver que Gaétan Barrette rangera son bâton et réalisera que la collaboration avec les médecins est le meilleur moyen de faire des choses positives pour le système public de santé, que Diane Lamarre rangera sa cassette bassement partisane et verra enfin les médecins comme une plus-value pour le Québec, que les détracteurs des médecins, tous confondus, cesseront de critiquer pour le plaisir d'être lus, vus ou entendus et réaliseront que si c'était simple, ça se saurait !! !

Je vous souhaite de très joyeuses fêtes  ! Après les événements de Paris, réalisons encore plus que la famille est irremplaçable… Prenez-en bien soin, surtout quand vous n'êtes pas de garde.

 

Septembre 2015 – Peu importe la météo, l'automne sera chaud !

Peu importe la météo, l'automne sera chaud !

Qui dit septembre, dit reprise des activités gouvernementales. Le projet de loi (PL) no 44 visant à renforcer la lutte contre le tabagisme, le PL 56 sur la transparence en matière de lobbyisme, l'optimisation des laboratoires, les achats regroupés, les frais accessoires et le financement basé à l'activité sont dans notre mire  ! 

Projet de Loi no 20

Évidemment, les conséquences de la Loi «  no 10  » ainsi que le cheminement du PL 20 et son adoption avec ou sans bâillon , demeurent des priorités pour la Fédération.
Un air de «  déjà vu  » me direz-vous... Chaque fois que nos négociations piétinent pendant l'été, nous sommes d'autant plus motivés à arriver à une entente, surtout lorsque nous sommes convaincus qu'il n'y a aucune raison du contraire. Après tout, l'accessibilité aux plateaux techniques a toujours été au cœur de nos revendications et ceci demeure la seule façon concrète de s'engager à garantir des résultats positifs et probants.

Comment se fait-il alors que cet enjeu ne soit pas encore réglé entre nous et le ministre de la Santé  ? Poser la question c'est y répondre  ! Si le ministre veut vraiment régler les enjeux d'accessibilité liés à son fameux PL 20, «  NOUS SOMMES PRÊTS » à nous engager à trouver des solutions réalistes qui tiendront compte des contingences de la Loi «  no 10  ».

Pour l'instant, le régime minceur est tendance dans les centres hospitaliers même si le grand spectacle des cibles budgétaires, malheureusement non atteintes, voire dépassées, n'est prévu qu'à l'hiver 2016. Et pour cause ! Les mariages forcés ne sont pas gage de coopération et de collaboration. Coupons maintenant, on verra plus tard  !

Parlant de solutions

Certains dossiers dont on nous vante les mérites depuis des années tardent à voir le jour. Gestation difficile, complications à répétitions, changements répétés des plans de traitements ont été l'apanage des dossiers informatiques, mais il semble qu'on accouche enfin  !

Dossier Santé Québec (DSQ)

Tant d'argent, tant d'efforts... Les technologies de l'information nous font rêver d'outils performants pouvant nous simplifier la vie en diminuant la lourdeur administrative de la tenue de dossier. Copier directement d'un formulaire à l'autre les informations médicales, allergies, médicaments et diagnostic ! Tout cela ne semble pas si complexe de façon individuelle, mais prend des proportions hors de contrôle lorsqu'on essaie d'arrimer le tout  !

Le rêve ne sera pas réalité demain puisque le goulot d'étranglement a un nom  : la confidentialité. Dans un objectif de s'assurer que seul le personnel soignant pourra se balader à travers tous nos secrets personnels, il doit y avoir un système de sécurité robuste. Une collecte des informations validées en temps réel permettant d'enlever les diagnostics erronés qui risqueraient de modifier les choix thérapeutiques demeure un objectif difficile à atteindre. Qui sera responsable de la validation ? N'avez‑vous pas déjà autre chose à faire  ? Et le patient qui croyait ne pas avoir à valider ses informations médicales chaque fois  ! Pas banal comme constat.

Cela dit, l'accès au DSQ se fait à très petits pas avec des embûches de technicités opérationnelles, et ce, au fur et à mesure que le déploiement se fait dans les grands centres où les limites des systèmes informatiques en place sont rapidement confrontées au nombre grandissant d'utilisateurs.Pourtant, pour les quelques cabinets médicaux où l'installation s'est faite à petite échelle, les résultats sont éloquents, les médecins spécialistes apprécient l'accès aux résultats de labos, à l'imagerie et aux listes de médicaments. La prochaine étape sera d'avoir accès à la feuille sommaire dès le départ du patient. Ce dossier est sur la planche à dessin de l'équipe de la RAMQ, qui est à valider la meilleure façon de transmettre cette précieuse information. Présentement, les coupures dans les budgets d'hôpitaux se traduisent également par l'impossibilité d'engager du personnel pour aider les médecins à accomplir cette tâche. Cette obligation relève du médecin traitant qui doit plutôt se concentrer sur la signature des congés et ainsi libérer des lits. Certains centres sont mieux équipés et plus productifs que d'autres ; nous avons besoin de connaître vos expériences et vos bons coups pour les partager et nous permettre tous de devenir des super utilisateurs ! À la RAMQ, je siège à ce comité de travail qui revoit les performances du DSQ, n'hésitez pas à m'écrire ou à m'appeler, il faut que ça fonctionne  !

DSQ-DMÉ-OASIS-ChartMAXX, et les autres

Pour l'instant ce ne sont que des lettres de l'alphabet avec peu de connectivité. La transition du dossier hospitalier papier se traduit trop souvent par une numérisation obsessive et sans réflexion du contenu complet de ce dernier sans aucune évaluation de la pertinence. Comme vous le savez, ceci amène son lot de frustrations lorsque le médecin est confronté au fait qu'il devra passer plus de temps à entrer ses codes d'identité, attendre, attendre et attendre de pouvoir fouiller dans un dossier désorganisé sans structure plutôt que de passer du temps à discuter avec son patient. Toutefois, toutes les autres provinces ou pays qui sont passés par ce mal nécessaire vous confirmeront qu'il est associé à 2 à 3 ans de souffrances auxquelles nous ne pouvons échapper. Devant l'adversité, fonçons, soyons proactifs et la douleur sera moins grande  !

 

Juin 2015 – L'imputabilité sociale

L'imputabilité sociale

Dans cette ère de changements aussi rapides que bouleversants pour le réseau de la santé, il devient facile pour les politiciens et les journalistes d'y aller d'une nouvelle «  attaque », cette fois sur le professionnalisme du médecin et sur ses obligations envers la population. D'aucuns posent LA question : «  Puisque former un médecin coûte cher aux contribuables…, les médecins ne devraient-ils pas s'engager dans le service public, comme dans l'armée, pour rembourser leur (soi-disant) dette à la société  ?  »

Volontairement ou par ignorance, on tait le fait que le futur médecin ne fait pas qu'apprendre durant toutes ses années de formation, que, pendant ses années de résidence, il travaille déjà ! Mais qu'en est-il vraiment de l'imputabilité des médecins spécialistes envers leurs patients dans un système où la norme d'austérité budgétaire devance la responsabilité sociale ? Comment le médecin peut-il rester redevable de l'utilisation optimale du système et des ressources alors qu'en catimini, l'administration coupe les soins aux patients  ? Le ministre de la Santé et son chef ont beau répéter qu'ils ne couperont pas dans les services aux patients et à la population, mais les faits parlent : un bain par semaine est suffisant… un bon lavage à la débarbouillette suffit  !

Non-remplacement de personnel malade, mauvaise planification des cliniques externes, coupures de salles d'opération en période estivale : non, non, personne ne coupe dans les soins aux patients  ! Au fait, où est donc l'imputabilité sociale du ministre  ? En cette période d'austérité, un budget équilibré pardonne tout. Il efface toutes traces de promesses non livrées.

Cela dit, nous, médecins spécialistes, avons des devoirs envers la population et nous les accomplissons. Nous avons tous des obligations hospitalières et, sous la supervision du conseil d'administration, c'est le rôle des chefs de départements et du CMDP de les définir, comme c'est le rôle du DSP de s'assurer que nous les respections. Lorsque chacun livre la marchandise, la qualité et les obligations sont au rendez-vous. Comme dans un orchestre bien rodé, tout le monde participe au bon moment.

La qualité de la médecine spécialisée au Québec est excellente, mais elle pourra facilement dégénérer si nous, médecins spécialistes, ne prenons pas notre place au sein de nos (nouveaux) établissements pour défendre nos patients, surtout en cette période où il est facile de couper dans les acquis.

Nous sommes responsables de donner les informations nécessaires à nos patients concernant le différentiel à payer si nous croyons vraiment qu'un médicament générique est moins efficace que l'original. Nous sommes responsables d'aviser nos patients si des délais d'investigation trop longs risquent de compromettre leur pronostic. Nous sommes responsables de travailler de concert avec nos équipes pour prioriser les consultations urgentes et trouver une façon de suivre cette clientèle. Nous sommes responsables de faire notre travail en nous impliquant et en nous assurant qu'effectivement la deuxième ligne est présente au poste lorsque  cette expertise est requise. Nous sommes responsables d'offrir une couverture en deuxième ligne, partout et en tout temps. Tout cela, si on nous laisse travailler, bien entendu  !

Comment traduire ces obligations au quotidien  ? En s'impliquant dans son service ou son département, au sein du CMDP et en osant aller voir le PDG de l'établissement pour lui expliquer que ses décisions ne sont pas adéquates et lui rappeler que, même si ses décisions cadrent avec les recommandations du ministre dans son carnet de charges, un centre hospitalier est là pour soigner des patients et non pour brasser des papiers. Nul besoin d'un contrat avec l'hôpital pour nous rappeler cela : n'en déplaise à certains bien-pensants, oui, nous avons un contrat avec les patients  !

Je ne peux terminer cet éditorial sans parler du projet de loi no 20. Ça sent le bâillon… encore ! Nous avons fait nos représentations et défendu les intérêts de la médecine spécialisée. Pas besoin d'une loi. Ce que demande le ministre est réalisable pourvu que l'offre de service des établissements soit à la hauteur des attentes. Nos négociations vont dans ce sens. Toutefois, pour livrer la marchandise, il sera beaucoup plus facile de diminuer les listes d'attente lorsque l'enjeu de la composante technique des frais accessoires sera réglé, et ce, par pure transparence pour les patients, les médecins et le Collège  ! Rappelons‑nous que 58 
de la population détient une assurance privée ou participe à un régime collectif d'assurance.

Le décompte est déjà amorcé, et le 7 juillet arrive à grands pas  ! Même si le ministre a démontré une certaine ouverture, à compter du 8 juillet, vous devrez appliquer à la lettre le nouveau Code de déontologie du Collège. À vous de décider de la santé financière de votre offre de service dans vos cabinets puisque, tel que prévu par la loi, ne sera permise que la facturation des pansements et des médicaments…, pas l'équipement nécessaire, pas la stérilisation des appareils, pas le temps du personnel en salle de réveil, et autres. Tout comme le Collège, nous disons que la balle est dans le camp du ministre, qui connaît ce dossier dans toute sa complexité pour l'avoir défendu à maintes reprises à une époque pas si lointaine. Saura-t-il attraper la «  balle au bâillon  »  ?

Je vous souhaite un bel été, reposez‑vous, l'automne arrivera bien assez vite avec ses chantiers : départs massifs de personnel, désorganisation du réseau, financement à l'activité, pertinence des analyses et utilisation judicieuse des médicaments. Le bâton est encore à l'agenda, mais nous n'avons pas peur  !

 

Mars 2015 – On se souviendra de 2015 !

On se souviendra de 2015 !

Après avoir profité d'un petit répit apporté par la période des fêtes, nous anticipions positivement l'année 2015. D'abord, parce que c'est l'année du 50e anniversaire de création de notre Fédération. Et puis, cette année allait être marquée par la négociation d'une nouvelle entente, un pas de plus vers la parité canadienne.

Malheureusement, 2015 a débuté comme 2014 s'est terminée, c'est‑à‑dire avec les mêmes tactiques gouvernementales  ! Nous avons assisté au recours du bâillon pour l'adoption du projet de loi no 10 et au maintien du projet de loi no 20 qui, rappelons‑le, nous a été lancé par la tête alors que nous avions à peine reçu la demande du MSSS de commencer à travailler sur l'amélioration de l'accessibilité à la 2e ligne. Quel gâchis  !

Nous avons donc repris dès le retour, en 2015, la dénonciation de la réforme que le ministre de la Santé veut entrer de force dans la gorge de tout le monde et nous nous préparons à «  comparaître  » devant la commission parlementaire sur le projet de loi no 20, le 17 mars prochain. Nous avons des arguments et nous les ferons valoir.

D'ailleurs, notre campagne publicitaire, qui démontre la sous-performance du système de santé, dérange parce que les situations que nous présentons sont vraies ! Nous avons tous, parmi nos familles ou nos amis, des gens qui ont subi les lacunes du système. Les patients souhaitent obtenir leur intervention chirurgicale dans les six mois, c'est aussi le rêve de tous les chirurgiens et médecins traitants. Mais nous n'allons quand même pas les opérer sur la table de la cuisine ! Qu'on essaie de nous couper nos revenus si on ne nous garantit pas la possibilité de nous acquitter de nos obligations ! Les excuses devront servir aux deux parties. Nous nous ferons un devoir de démontrer les échecs quotidiens du système de santé  : si vous n'avez pas au moins un empêchement par jour (manque de personnel, équipement absent ou défectueux, manque de lits, non-confirmation des patients, dossier informatique inaccessible, etc.) pour soigner tous les patients sur votre liste, c'est que vous travaillez seul  !

Ce grand spectacle ministériel en vaut-il la peine  ? Absolument pas  ! Nos mesures incitatives ont livré la marchandise et nous continuerons de travailler ainsi, car c'est en négociant qu'on règle les problèmes, et non par le bâton ou le bâillon. Les résultats sont possibles, ensemble. Lorsque le PLQ se targuait de vouloir faire de la politique autrement pendant sa campagne électorale, il s'est bien gardé de montrer sa vraie nature où tous subissent… déficit zéro oblige. 

Mauvaise nouvelle pour les médecins devenus politiciens partisans  : les millions ne seront pas au rendez-vous  ! La complexité de la loi 10 et de ses règlements fantômes ne saura se mettre en place même si on coupe toutes les têtes au 1er avril 2015. Trop de changements à la fois risquent de faire sauter la marmite. Ajoutons, à ce grand chambardement, l'arrivée du dysfonctionnel dossier informatique (le DSQ) qui nous fait perdre un temps fou à chercher des résultats dans un dossier désorganisé ; le projet Optilab (optimisation des laboratoires) qui s'installe sans financement ; les gestionnaires qui ont tellement peur de perdre leurs postes s'ils ne respectent pas leur budget, qu'ils coupent tout ; le CUSM qui déménage en laissant le «  Neuro » sans couverture de garde ; le CHUM et ses «  défis  » ; et j'en passe. 

L'État est tellement occupé à faire des changements au système de santé qu'il oublie que les hôpitaux sont là pour soigner des patients. Il faut être vraiment déconnecté du terrain pour attaquer le réseau ainsi de tous les côtés. Du délire… électoraliste. Il n'y a qu'une seule raison pour justifier un tel empressement : les prochaines élections. Le temps passe vite, en tenant compte que la campagne de séduction des électeurs commence en général 18 mois avant la période électorale. Ce n'est pas si loin pour obtenir les résultats qui donneront une étoile au carnet du ministre. Le gouvernement croit-il que nous oublierons sa conduite antidémocratique  ? Inscrivez déjà sur votre calendrier pour octobre 2018  : NON MERCI à un gouvernement majoritaire parce qu'une fois élu, il se croit tout permis  !

Malgré tout, gardons le moral et le cap. Il y aura toujours des patients très satisfaits de nos services et de nos soins (90 
selon un sondage Léger, février 2015), et nous sommes en cinquième position des professions qui ont la confiance de la population (Journal Les Affaires, sondage Léger, janvier 2015). Il y a surtout la satisfaction de pratiquer une médecine de très grande qualité au Québec. Pour cela, nous ne baisserons jamais les bras ! Dommage que les politiciens choisissent de mentir à notre sujet et que trop de médias renchérissent au mépris du ministre. À croire que tous ces gens se soignent seuls quand ils sont malades  ! 

Il faut dénoncer ces ex-médecins devenus politiciens partisans qui s'amusent à tirer la profession médicale vers le bas. Nous avons toutes les raisons de nous enorgueillir de notre profession et de faire ce qu'ils ne font pas. Quelle satisfaction de faire un diagnostic difficile, une chirurgie complexe, de redonner une qualité de vie autrefois perdue par la maladie, de sauver des vies, de mettre au monde les bébés du Québec, de faire avancer la recherche, de publier des articles scientifiques dans des revues reconnues, et j'en passe. Rappelez‑vous pourquoi vous vous levez le matin : l'enjeu en vaut vraiment la peine. C'est l'avenir de notre profession qui est en jeu. MÉDECINS SPÉCIALISTES  : DEBOUT  !

 

Décembre 2014 – L'éternel recommencement

L'éternel recommencement

La dernière du ministre de la Santé : le projet de loi no 10. Un concentré de pouvoirs pour le ministre et un vide inégalé pour les professionnels de la Santé qui œuvrent dans le réseau  !

Cet «  ouvrage  » a été préparé sans consultation ; pire, c'est une œuvre personnelle. Le projet de loi no 10 sera-t-il adopté sous le bâillon ? Sinon, pourquoi avoir exigé la tenue d'une consultation à la vitesse grand V, sans respect pour les groupes " invités "  ? Si oui, tous pourront constater la nouvelle façon de gouverner " majoritairement ". Et le ministre pourra enfin régner sur le réseau de la santé.

Sérieusement, qu'y a-t-il derrière cette hâte ? Pourquoi chaque ministre de la Santé doit-il toujours laisser sa marque, à peine élu ? D'où vient cette impulsion à défaire sans compromis tout ce qui semble faire entrave à la vision ministérielle de la gouvernance ? À moins que la question ne soit plutôt : pour qui ? Dans quel objectif ? Au fait, qui croit (ou a envie de croire) que les pouvoirs que s'arroge le ministre seront transitoires  ? Il n'y a pas de loi transitoire. Il y a ce qui est écrit, voté et publié. Tous devront vivre avec ce fait, et, au premier chef, les heureux élus des CISSS… en espérant qu'il ne s'agira pas de membres recyclés du parti… si la tendance se maintient. Proposer un tel chambardement législatif sans se donner la peine de définir davantage les nombreux règlements qui viendront aura au moins eu comme effet de rallier tout le milieu de la santé contre ce projet de loi  ! Et tout le monde ne peut avoir tort. Une fois adopté, rebâtir sur les cendres après avoir tout détruit sur son passage n'est pas associé à une garantie de résultats. Au contraire.

J'insiste : qu'ont en commun tous les titulaires du ministère de la Santé ? Pourquoi ont-ils tous tenté de rebâtir ce réseau à leur image ? Pourquoi cet empressement à défaire et à refaire en fonction des échéances électorales  ? La complexité du réseau demande plus : elle commande une vision à très long terme, où tous les acteurs auront des responsabilités et seront imputables de leurs actions. Personne n'a réussi à bâtir sur un sol chancelant. On a beau corriger les charpentes, délester les structures, stopper certaines activités : quand le bâtiment est fragile à sa base, rien n'y fait.

Il y a longtemps que notre ministre n'a pas travaillé dans un hôpital. Je ne reconnais pas le milieu qu'il décrit, où les médecins ne pensent qu'à faire de l'argent et ne s'occupent pas des patients. Même si nous sommes d'accord à couper dans les structures administratives qui ne donnent pas de soins aux patients, nous sommes loin de penser que les hôpitaux du Québec sont remplis d'incompétents. Et quand on a la volonté, ou la prétention, de changer les choses, on sait bien que tendre la main et impliquer les gens sera plus réaliste que de les abaisser et de les menacer. Comprenons-nous bien : rallier les gens et respecter leurs expertises n'excluent pas le fait de les rendre imputables. Si le ministre veut discipliner les acteurs du réseau, il doit commencer par lui-même en freinant ses élans.

Pas besoin d'être contre la vertu pour souhaiter un système performant, accessible et efficace  ! Cet objectif de performance ne se fera pas sans coûts, et le ministre le sait. En fait, nous le savons tous. Si les médecins spécialistes travaillent plus, ils verront plus de patients, prescriront plus d'examens, de médicaments et feront plus de chirurgies. Un patient en attente ne coûte rien dans la colonne des dépenses. Il faut avoir la mémoire bien courte pour ne pas se rappeler que l'Annexe 38 avait été négociée pour reconnaître les pratiques plus lourdes (notre version) et acceptée pour diminuer la productivité (version du MSSS). Cela dit, elle a quand même coûté 40 millions de dollars.
Les médecins spécialistes travaillent, et nous allons le démontrer. À malin, malin et demi ! Tenez-vous prêts  ! Nous ne laisserons rien passer qui nous empêchera d'exercer notre pratique dans le seul but de garantir des votes…

L'année 2014 a été exceptionnelle  ! Ou, devrais-je dire, exception­nellement troublante depuis l'élection du gouvernement Couillard et l'arrivée du nouveau ministre de la Santé… Suis-je la seule à avoir la désagréable impression que cette année sera garante de la prochaine  ?

De son côté, la Fédération a aussi connu une année exceptionnelle, mais, cette fois, on peut la qualifier d'exceptionnellement stimulante par les défis auxquels nous avons dû faire face. Je profite de ces lignes pour vous remercier tous et toutes de votre appui, de vos encouragements, de vos propositions et commentaires constructifs. Je sais pertinemment combien le fait de rallier les gens à la cause permet de grandes choses. Merci à mon conseil d'administration, à nos directrices et directeurs ainsi qu'à tout notre personnel qui, cette année encore, ont répondu à l'appel comme jamais  !

Je vous offre mes meilleurs vœux du temps des fêtes  ! Santé et Paix.

 

Septembre 2014 – Le respect d'un partenariat... bien au-delà de la négociation !

Le respect d'un partenariat... bien au-delà de la négociation !

Le rapport actuel entre les médecins spécialistes et le ministre de la Santé et son gouvernement est inédit… On pourrait même croire que notre ancien président souffre d'angoisse kafkaïenne, celle d'un monde qui a perdu son âme !

Comment peut-on s'éloigner aussi radicalement d'une entente qu'on a soi-même négociée, défendue et signée avec ses nouveaux collaborateurs, maintenant ministre de l'Éducation et premier ministre  ? Ce non-sens a maintenant passé la phase de l'inconfort ; je vous entends et je vous lis, cette situation vient heurter vos convictions profondes.

Il y a longtemps que je n'ai pas vu autant de médecins spécialistes outrés par une situation qui s'étend bien au-delà de leur rémunération. Les médecins se sentent trahis  ! Rien de moins. Le rapport amour-haine efface le sentiment d'ambivalence qui prévalait lorsque notre nouveau ministre est entré en fonction. Comment réagir à celui qui nous a si ardemment défendu et permis de nous rapprocher de la parité canadienne en 2016, alors qu'il s'agit du même qui vient nous l'enlever puisqu'il n'arrive pas à boucler son budget, ses prédécesseurs ayant utilisé les provisions nécessaires prévues jusqu'en 2016 pour payer une bonne partie du scandale de la mauvaise gestion du CHUM et du CUSM  ?

L'automne sera difficile. Le gouvernement, dans sa quête d'équilibre budgétaire, annoncera sa restructuration basée seulement sur les chiffres ; impossible de faire autrement, nous n'avons pas été consultés. Il n'y a aucun comité de négociation ni de communication réelle entre la Fédération et le gouvernement depuis le début de la campagne électorale. Que des annonces partisanes remplies de menaces dans le seul but de nous faire porter l'odieux du mauvais état du budget de la Santé. Tout ce qui sera coupé le sera évidemment pour «  payer les docteurs paresseux  ». Aucune autocritique face au gaspillage quotidien lié à la mauvaise gestion des hôpitaux.

Que ces attaques restent lettre morte, vous et moi savons que nous valons plus que cela. Demandez à vos patients ce qu'ils pensent de vous, cela vous donnera des ailes ; et si vous n'êtes pas convaincus, demandez-leur ce qu'ils pensent de nos politiciens…

Nos patients ont besoin de leurs médecins spécialistes pour les soigner et les médecins spécialistes ont besoin d'un gouvernement responsable pour pouvoir avoir accès aux plateaux techniques. Il va donc falloir qu'on finisse par atterrir quelque part. Les dernières années nous ont d'ailleurs démontré que la confrontation ne fait pas partie de l'équation si l'on regarde l'impact de mobilisation qu'elle a eu chez les médecins spécialistes en 2006, lors de la loi spéciale déposée par M. Couillard. D'ailleurs, par la suite, nous avons réussi à travailler en collaboration dans de nombreux dossiers difficiles que ce soit au niveau de la table de concertation des effectifs médicaux ou en négociation dans le cadre de la création de nouveaux actes comme la télémédecine, la téléconsultation, les achats regroupés et l'éventuel accueil clinique, pour n'en nommer que quelques-uns. Ces dossiers ont été travaillés au fil des ans en collégialité ; toutes les embûches étaient réglées au fur et à mesure puisque les différents interlocuteurs des deux parties étaient de bonne foi et déterminés à trouver des solutions qui respectaient le cadre budgétaire prévu. Cette façon de fonctionner nous a permis de travailler ensemble dans une vision commune constructive avec comme objectif d'avoir un produit final dont les deux parties seront fières.

Les patients ont, sans équivoque, bénéficié de ce partenariat puisque tous ces nouveaux enjeux et nouveaux dossiers viennent de vous  : du terrain, de votre quotidien qui vous oblige à changer certaines façons de faire qui deviennent obsolètes au fil du temps.

Notre nouveau gouvernement veut changer les règles du jeu sous prétexte qu'il n'y a aucune autre façon d'atteindre l'équilibre budgétaire. Une belle ligne de communication où tous les mauvais coups seront permis, l'objectif étant si noble… Pour nous, il s'agit d'un affront majeur  : on ouvre notre entente, on pige allègrement dans notre portefeuille et l'on essaie de nous faire avaler cette longue couleuvre sans fin en nous faisant croire qu'il n'y a pas d'autres solutions… Cette façon de faire se traduit pour nous comme un bris du lien de confiance. Les médecins spécialistes ont volontairement offert d'étaler RAISONNABLEMENT les sommes prévues dans les deux dernières années de l'entente, mais ce n'est jamais assez…

Comment pourrons-nous nous asseoir avec la même passion afin de les aider à restructurer le réseau  ? Ce précédent permettra au gouvernement de changer les règles du jeu selon son bon vouloir et de trouver une raison pour se justifier après… Il est là l'enjeu réel  : le respect de la parole. De sa parole ! Et pour défendre ce respect, nous nous tiendrons debout jusqu'au bout, peu importe  !

Parce que, nous, nous sommes de bonne foi  !

 

Juin 2014 – Remettre les pendules à l'heure... normale

Remettre les pendules à l'heure... normale

Du moment où j'ai commencé ma pratique, j'ai pris conscience que, pour améliorer la médecine, il fallait non seulement faire avancer la recherche, mais aussi s'intéresser à la façon dont sont dispensés les soins. C'est pourquoi je me suis aussi impliquée dans l'amélioration de nos conditions de pratique. Force m'est de constater combien il y a à faire pour la médecine spécialisée. M'éloigner de la pratique à temps complet me fait voir d'autres aspects du fonctionnement du réseau de la santé. Sage recul pour mieux avancer, dira-t-on.

J'ai toujours pensé que les choses arrivent parce qu'on s'en occupe. Et comme dirait le philosophe Sénèque : «  Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles.  » J'ai donc décidé de prendre mon sort en main et de m'engager. J'ai été chef de département, professeure associée, présidente de mon association médicale et vice-présidente de ma société savante canadienne. Je savais que tous les médecins n'avaient pas, comme moi, ce besoin d'être au fait de ce qui se passe dans notre profession. Mais, quelle ne fut pas ma surprise à mon entrée en poste à la présidence de la Fédération de constater combien de médecins spécialistes ne connaissent pas ou peu le fonctionnement de l'organisation chargée de les représenter, allant même jusqu'à les protéger, auprès des décideurs et des payeurs, je nomme le gouvernement et la RAMQ.

Je profite donc de cette page pour vous inviter à réviser vos connaissances sur votre Fédération.

Un rappel de l'histoire

Sachez d'abord que la FMSQ aura 50 ans l'an prochain. En effet, la Fédération a été créée en 1965 par des médecins désireux de se protéger de la volonté du gouvernement d'imposer le salariat et d'autres conditions désavantageuses pour la profession. D'autant que le Collège des médecins d'alors avait un double mandat : celui de protéger le public et celui de défendre les intérêts des médecins. Ce double mandat ne pouvait que donner lieu à des incongruités et à des prises de position, disons... discutables.

La FMSQ est un syndicat professionnel regroupant les associations de médecins pratiquant dans l'une des spécialités médicales reconnues au Québec. De 11 associations à sa création, la FMSQ représente aujourd'hui les médecins de 35 associations affiliées œuvrant dans l'une des 53 spécialités médicales reconnues au Québec. La mission de la FMSQ est de défendre et de promouvoir les intérêts des médecins spécialistes membres des associations affiliées, sur le plan économique, professionnel, scientifique et social.

La FMSQ défendra toujours un système public fort et performant et elle intervient sur une panoplie de sujets quand notre expertise fait une différence. Au cours des dernières années, nous avons abordé des enjeux qui ont un impact direct sur les médecins spécialistes tels que la rémunération, la négociation des conditions de pratique, l'organisation des services, l'optimisation des blocs opératoires, les frais accessoires, les besoins logistiques du nouveau CHUM, le prix des médicaments, l'incorporation des médecins, le développement professionnel continu, et j'en passe. Nous avons aussi apporté un éclairage «  médical  » sur des enjeux sociaux, dont les soins de fin de vie, l'avortement, le port de signes religieux, la procréation assistée. Les positions qu'adoptent vos instances ont été largement discutées avec les présidents d'associations ; elles visent à représenter la majorité des membres, à défaut de la totalité.

D'autres organismes, dont l'AMQ et le MQRP, s'en proclament, mais seule la FMSQ est reconnue comme agent négociateur des médecins spécialistes auprès du MSSS. Nous vous représentons, et c'est pourquoi vous avez tout avantage non seulement à nous suivre, mais aussi à nous informer des problématiques que vous vivez ou dont vous êtes témoin dans vos milieux de soins.

Qui décide pour les membres  ?

Je recevais récemment des courriels de membres qui disaient n'avoir jamais voté pour une décision prise à la FMSQ. La FMSQ est une organisation fédérée, un regroupement d'associations. Ainsi, chaque association médicale affiliée à la FMSQ est proportionnellement représentée auprès de l'Assemblée des délégués, la plus haute instance décisionnelle de la Fédération. Ces délégués, issus de chaque spécialité, dont les présidents d'associations, parlent et votent en votre nom. C'est précisément l'Assemblée des délégués qui élit les membres du conseil d'administration, qui vote les états financiers, les cotisations régulières et spéciales, qui discute des grands objectifs de négociation, qui vote les ententes avec le gouvernement, et j'en passe.

La confiance envers vos élus et la solidarité avec vos pairs sont au cœur du fonctionnement de notre Fédération. Il existe aussi un principe incontournable dans le travail que nous accomplissons : la confidentialité. Cette règle s'applique à toute organisation sérieuse et n'empêche aucunement la «  transparence  » de la gouvernance. Il faut cependant comprendre et reconnaître que discuter sur la place publique de décisions internes, de stratégies convenues, d'actions envisagées n'est ni acceptable ni souhaitable. Et, finalement, je ne saurais trop insister sur la notion de respect que nous nous devons mutuellement. En outre, exprimer une opinion, même la mieux sentie, doit se faire dans le respect de l'opinion de l'autre, dans le respect de la décision prise. Ma présidence sera guidée par ces mots clés.

En terminant, je vous invite à rester près – ou à vous rapprocher – de la FMSQ pour nous aider à nous occuper des «  vraies affaires  » des médecins spécialistes  !

Fièrement vôtre  !