Un financement du système de santé public fort, sans argent ? La FMSQ s'étonne

Montréal, le 4 avril 2006 – C'est aujourd'hui que la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) présente en Commission parlementaire sa réponse au document Garantir l'accès : un défi d'équité, d'efficience et de qualité. La FMSQ souhaite se faire entendre au sujet de l'organisation et du financement du système de santé.

La FMSQ préconise un système de santé public fort, et appuie tous les moyens qui contribuent à le conserver. « Des propositions, nous en avons, et ça ne date pas d'hier, déclare Dr Yves Dugré, président de la FMSQ, le gouvernement crie à qui veut l'entendre qu'il n'y a pas d'argent dans les coffres, il est donc impératif de trouver des solutions intelligentes, dont le but est d'offrir un accès adéquat aux patients, pas seulement pour les trois types de chirurgies ciblées (hanches, cataractes et genoux), mais pour toutes les listes d'attente silencieuses et moins publicisées. »

Maximiser le potentiel des salles d'opération

Il est important pour la FMSQ de s'assurer que les patients aient accès aux soins dont ils ont besoin, c'est pourquoi elle propose de maximiser les heures d'ouverture des salles d'opération pour toutes chirurgies. « Pourquoi sous-utiliser les salles ? Quand les radio-oncologues ont pu allonger leurs journées de travail de 2h, les listes d'attente ont été considérablement réduites. Il est tout à fait possible d'augmenter la cadence par une meilleure organisation et par du financement », assure Dr Dugré.

Une meilleure utilisation des cabinets affiliés de médecine spécialisée

Selon la FMSQ, les cabinets affiliés de médecine spécialisée ont un plus grand rôle à jouer que celui alloué par le gouvernement dans leur document de consultation. Il est essentiel que ces cabinets étendent leurs services à d'autres pathologies que genoux, hanches et cataractes. Une entente contractuelle entre des cabinets de médecins spécialistes et un centre hospitalier en ferait un prolongement de ce dernier pour y diagnostiquer et traiter des patients dans un lieu plus approprié à leur état et augmenter l'accessibilité aux soins.

Une nouvelle source de financement

En ce qui concerne le financement des coûts de ces cabinets et compte tenu de la difficulté exprimée par le gouvernement d'augmenter le financement public, la FMSQ souhaite que soit étudiée la possibilité de séparer les honoraires des médecins spécialistes des dépenses d'opération des cabinets, puis d'examiner une nouvelle source de financement de ces frais accessoires (prise en charge par une assurance complémentaire ou par une assurance telle que l'assurance médicaments).

Le credo des médecins spécialistes : d'abord un système de santé à financement public adéquat. Depuis l'avènement de notre système de santé il y maintenant près de quarante ans, l'accès des patients à des services médicaux spécialisés a été réduit tantôt par des plafonnements d'activités imposés aux médecins, tantôt par des budgets hospitaliers insuffisants, tantôt par des réductions des admissions en faculté de médecine, et durant la dernière décennie, par un exode significatif de médecins spécialistes, soit l'équivalent de plus d'une cohorte de finissants. Ce serait faire preuve d'un optimisme béat que de croire que l'appareil gouvernemental financera tout à coup adéquatement le système de santé.

Le gouvernement désire mettre en place le meilleur système de santé au monde, cependant, son premier souhait devrait être de se hisser au niveau des autres provinces du Canada au point de vue investissement per capita, et rémunérer notamment ses médecins spécialistes à leur juste valeur.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec regroupe près de 8 000 membres au Québec, répartis dans 35 spécialités. Seul organisme reconnu par le gouvernement pour la négociation d'ententes collectives, la FMSQ est également consultée pour tout ce qui touche l'organisation des soins médicaux au Québec.