Le ministre de la Santé confirme toutes les appréhensions des médecins spécialistes

Montréal, 12 septembre 2008 – C'est le triste constat que pose la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) à la suite des propos tenus dans les médias par le ministre de la Santé. « Le ministre confirme un plafonnement à 700 lits au futur CHUM, confirme la réduction des activités notamment en chirurgie, confirme que le nouveau CHUM se concentrera sur les soins tertiaires et quaternaires et n'offrira que très peu de soins de première et de deuxième lignes – donc plus difficile pour l'enseignement –, confirme que des partenariats privés seront nécessaires pour combler l'offre de services, mais ne peut confirmer que l'expansion est possible... » de commenter le Dr Barrette.

Les propos obligent la FMSQ à réagir, mais ne répondent pas aux cinq points élaborés par la FMSQ, qui constituent les conditions reconnues pour qualifier un centre hospitalier universitaire. « Ce qui est le plus triste, c'est que nous avons demandé dès le départ à toute la classe politique de s'élever au-dessus de la petite politique pour réaliser un CHUM dont le Québec sera encore fier dans 10, 20 ou 30 ans. »

La FMSQ rappelle que la mission première d'un centre hospitalier universitaire est d'enseigner la médecine dans toutes ses formes et toutes ses spécialités, partant des cas les plus simples aux plus complexes, non seulement pour les médecins omnipraticiens ou spécialistes, mais également pour toutes les professions liées à la santé. L'offre de services du CHUM doit donc être complète pour répondre adéquatement à sa mission première.

La FMSQ est choquée de constater que le ministre tente de justifier les innombrables retards dans ce dossier depuis les 10 dernières années par les interventions des médecins spécialistes au cours des 3 dernières semaines. La FMSQ déplore aussi que le ministre mette en doute la représentativité des médecins spécialistes qui, tant par sondage (taux de réponse de 50 
) que lors de l'assemblée d'information tenue cette semaine (le tiers des médecins spécialistes du CHUM présents), ont exprimé à leur Fédération leurs inquiétudes fondées sur la connaissance et l'expérience qu'ils ont de leur milieu de travail. « Le ministre demande sur quoi les médecins spécialistes du CHUM se basent pour dire que le nouveau CHUM va manquer de lits ?  Sur le fait que ce sont eux qui soignent les malades dans leur hôpital, Monsieur le ministre ! » de répondre le président de la FMSQ. « Eux autres, comme les appelle le ministre, savent de quoi ils parlent; subissant, année après année, une réduction constante de l'offre de services, ils appréhendent à juste titre le futur et les résultats de décisions fondées sur des données de population et de consommation comme l'explique le ministre. »

En tentant de lier la rémunération des médecins spécialistes à leur souhait de ne pas voir le volume de soins diminuer, la FMSQ estime que le ministre fait de la politicaillerie. « Si le ministre veut aller sur ce terrain, il ne nous y trouvera pas. D'ailleurs, si les médecins qui sont payés à l'acte voient leur rémunération diminuée, ce sera parce qu'ils soignent moins de patients et, finalement, c'est la population qui en subira la plus importante conséquence. »

« Le ministre ne semble pas nous entendre ou nous comprendre, de conclure le président de la FMSQ. Comme nous l'avons toujours dit et répété à maintes reprises, oui les médecins spécialistes veulent un CHUM. Nous ne voulons pas du pire, nous voulons du meilleur. Un CHUM dont les capacités et les paramètres pourront se comparer à ce qui se fait dans le monde. Un CHUM que mérite la société québécoise. »

La Fédération des médecins spécialistes du Québec regroupe plus de 8 000 membres au Québec, répartis dans 35 spécialités médicales. Seul organisme reconnu par le gouvernement pour la négociation d'ententes collectives, la FMSQ est également consultée pour tout ce qui touche l'organisation des soins médicaux au Québec.

 

-30-