Projet de loi no 31 : Il faut de meilleurs outils technologiques pour une communication efficace entre le médecin et le pharmacien

Montréal, le 8 octobre 2019 – La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) salue le dépôt du projet de loi no 31 qui vise à élargir les activités des pharmaciens au profit des patients. Elle formule cependant des mises en garde quant aux pouvoirs accrus qu'accorderait le projet de loi aux pharmaciens.

La FMSQ est réticente à ce que les pharmaciens puissent modifier des prescriptions, leur posologie, ou encore évaluer des patients, sans en discuter préalablement avec le médecin traitant. Elle estime d'ailleurs à ce chapitre qu'il faudra absolument des plateformes de communication plus appropriées que le télécopieur pour garantir une communication efficace entre les médecins et les pharmaciens. Elle rappelle que la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, s'y est formellement engagée en novembre 2018.

« Pour des gestes comme prolonger une prescription, ou commander un examen de routine, nous ne sommes pas préoccupés, car les pharmaciens sont nos partenaires au quotidien. Mais sur le plan médical, lorsqu'il s'agira de modifier une posologie, une prescription ou encore d'évaluer la condition d'un patient, le pharmacien devra informer le médecin traitant, sinon il deviendra complètement imputable de ses actes auprès du patient », soutient la présidente de la FMSQ, Dre Diane Francœur.

La FMSQ est également favorable à toute mesure qui accroîtra le taux de vaccination au Québec. « Nous sommes par ailleurs favorables à ce que les pharmaciens puissent administrer un vaccin aux enfants. Cette disposition du projet de loi favorisera le fait que plus d'enfants soient vaccinés au Québec et contribuera à enrayer des fléaux comme la rougeole. Nous jugeons même qu'elle soit élargie à tous les enfants, peu importe leur âge », explique la présidente de la FMSQ.


CONFLITS D'INTÉRÊTS

La FMSQ insiste par ailleurs sur l'importance d'éliminer toute notion de conflit d'intérêts découlant du double rôle du pharmacien autorisé à prescrire et à vendre des médicaments. De plus, l'autorisation de prescription de médicaments en vente libre et l'administration de vaccins amplifient l'apparence de conflits d'intérêts.

« Nous ne voyons aucune valeur ajoutée dans la prescription de médicaments en vente libre par le pharmacien, sinon d'éviter que le patient ne paie les taxes sur ces produits », soutient Dre Francoeur.


RÉSUMÉ DES RECOMMANDATIONS

La FMSQ formule huit recommandations pour bonifier le projet de loi, qui permettraient de mieux respecter les compétences et les responsabilités respectives des médecins et des pharmaciens :

  • Ajouter à l'article 17 (7°) de la Loi sur la pharmacie une obligation de consultation préalable auprès du médecin.
  • Autoriser l'administration d'un vaccin en pharmacie pour tout enfant âgé de moins de six ans.
  • Élaborer un règlement visant à encadrer la prescription des médicaments en vente libre et maintenir l'encadrement actuel en lien avec la prescription des autres médicaments.
  • Doter les patients d'un seul dossier médical électronique accessible en tout temps avec des plateformes de communication adéquates pour tous les professionnels de la santé.
  • Maintenir le libellé actuellement en vigueur de l'article 17 (8°) de la Loi sur la pharmacie.
  • Encadrer les analyses de laboratoire qui peuvent être prescrites par un pharmacien qui exerce dans une pharmacie communautaire et définir la notion d'autres tests.
  • Retirer l'article 2 a) du projet de loi visant à permettre au pharmacien d'évaluer la condition physique et mentale d'une personne afin d'assurer l'usage approprié de médicaments.
  • Permettre aux pharmaciens de consulter directement le médecin spécialiste traitant pour des patients complexes ayant besoin d'un ajustement de médication.

 

Mémoire de la FMSQ