Rapport sur les Services chirurgicaux : La FMSQ partage les constats et les recommandations du Vérificateur général du Québec

Montréal, le 9 mai 2018 – Ayant pris connaissance du chapitre 6 du rapport du Vérificateur général du Québec déposé ce matin devant l'Assemblée nationale du Québec, intitulé Audit de performance et observations du commissaire au développement durable - Services chirurgicaux, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) tient à faire part de ses commentaires.

 

UN ASPECT POSITIF

Le Vérificateur général note que l'accès aux chirurgies s'améliore. Son rapport portant sur la période 2013-2016 fait état d'une augmentation du nombre de chirurgies de 5,5 % en 6 ans. Soulignons que depuis 2016, les plus récentes données montrent une diminution de l'ordre de 69 % du nombre de chirurgies en attente depuis plus d'un an, passant de 7 009 à 2 203 au 31 mars dernier. « C'est un progrès significatif, surtout dans les conditions qui prévalent dans les blocs opératoires des établissements. Nous l'avons dit à maintes reprises, les chirurgiens ne demandent pas mieux que d'opérer davantage de patients. Cependant, les ressources doivent être au rendez-vous, ce qui relève du ministère de la Santé et des Services sociaux » (MSSS), souligne la présidente de la Fédération, Dre Diane Francœur.

 

MAIS DES CONSTATS DÉJÀ ÉTABLIS EN 2008

De façon générale, la FMSQ partage les constats et les recommandations contenus dans ce rapport et qui sont à peu de choses près identiques à ceux que la Fédération et le MSSS avaient formulés lors de la tournée des blocs opératoires effectuée conjointement en 2008.

Les principales observations notées à l'époque et réitérées lors du dépôt des projets de loi du MSSS sont toujours d'actualité : vétusté des blocs et des équipements, gestion déficiente des fournitures, données inconciliables et systèmes informatiques déficients pour la gestion des listes d'attente et de la trajectoire de soins, utilisation sous optimale des salles d'opération, manque de personnel, etc. La FMSQ a également déploré la fusion des établissements imposée avec la « Loi 10 » qui, loin d'avoir contribué à améliorer les choses, a complexifié la gestion au sein des centres hospitaliers, dont la gestion des blocs opératoires et des mécanismes d'accès.

Dre Francœur estime qu'« il y a un sérieux de coup de barre à donner dans la collecte, le traitement et la disponibilité des renseignements nécessaires à la gestion et au fonctionnement des blocs opératoires. Les informations sont manquantes partout; les médecins spécialistes demandent depuis longtemps des statistiques fiables, des listes à jour et des données probantes, sans jamais les recevoir. Il est anormal qu'en 2018, ce ne soit pas une priorité absolue pour le système public de santé ».

Par ailleurs, la FMSQ estime qu'on ne peut pas établir de parallèle ou de lien causal entre la croissance du nombre de chirurgies, les dépenses directes des établissements pour les chirurgies et la hausse de la rémunération des médecins spécialistes. En outre, le rattrapage en matière de rémunération, en cours depuis 2006 et repoussé à quelques reprises jusqu'en 2023, vient influencer à la hausse les pourcentages et relève d'une situation contextuelle connue.

 

EN CONCLUSION

« Le rapport du Vérificateur général fait le portrait de trois établissements, mais nous savons que la réalité est à peu près la même partout au Québec. Les patients ne devraient pas attendre au-delà des délais prescrits; ils devraient eux aussi être en mesure de connaître la situation réelle qui prévaut dans les établissements de santé en ce qui a trait à l'accès aux chirurgies et aux délais d'attente. Les médecins spécialistes se sont engagés à collaborer activement à régler les problèmes, un par un, dans chacun des établissements pour améliorer la gestion des blocs. La transparence est essentielle et les données doivent être accessibles à tous », conclut Dre Francœur.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec regroupe plus de 10 000 médecins spécialistes détenant une certification dans l'une des 59 spécialités médicales reconnues.