En réponse à la lettre de M. Claude Castonguay parue le 11 novembre dans La Presse +

Version transmise le 14 novembre 2016

 

Diane Francœur, M.D.
L'auteure est présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

 

Le ministre de la Santé des années 1970 s'exprime souvent, c'est son droit, sur les enjeux du système de santé actuel. Il se joint à de nombreux observateurs qui commentent et extrapolent, c'est leur droit, mais en omettant certains « détails » qui, pourtant, changent la donne.

D'abord, M. Castonguay n'est pas sans savoir que les sommes versées aux médecins omnipraticiens et spécialistes du Québec au cours des dernières années avaient pour but de combler l'énorme écart qui s'était creusé avec le reste du Canada depuis l'instauration du régime d'assurance-maladie, il y a près de 50 ans. Aussi, il a enfin été possible de rémunérer les médecins pour des activités effectuées et des services rendus gratuitement pendant plusieurs années. Pensons simplement à la garde en disponibilité, à l'enseignement en milieu hospitalier des étudiants en médecine et aux toujours plus nombreuses tâches médico-administratives dont le système de santé tire profit. Notre fédération a également investi des sommes importantes pour pouvoir offrir de nouveaux soins médicaux aux patients, comme la téléthrombolyse et la greffe d'organes.

Puis, pour ce qui est du mode de rémunération des différentes spécialités, M. Castonguay sera heureux de savoir que plus de 50 % des médecins spécialistes reçoivent déjà une rémunération mixte. Je lui confirme aussi que, pour ce qui est de la prise en charge des patients hospitalisés, l'engagement des médecins spécialistes va en augmentant. Sachant que plus de 70 % des médecins spécialistes travaillent uniquement en centres hospitaliers, il faut accepter et reconnaître que la productivité est directement proportionnelle aux moyens qui sont mis à la disposition du personnel soignant dans les hôpitaux.

Finalement, en ce qui concerne la nomination de nouveaux négociateurs pour le renouvellement de notre entente, nous avons été les premiers à dire publiquement que nous sommes, nous aussi, satisfaits de ce changement de garde; cela devrait enfin permettre une discussion ouverte et, espérons-le, constructive. Cela dit, nous ne négocierons pas sur la place publique. Je tiens à rassurer M. Castonguay et les autres observateurs : nous nous engageons dans cette négociation de bonne foi, comme nous l'avons toujours fait, forts de l'appui de nos diverses instances, qui représentent les quelque 10 000 médecins spécialistes du Québec.

Cela étant clarifié, je suis fière d'affirmer que la FMSQ change… pour le mieux. Je suis partante pour en discuter avec M. Castonguay si cela l'intéresse vraiment.