Mon histoire santé
L'histoire de Lise
Enfin, je peux témoigner par le biais de votre site (www.monhistoiresante.com) de tous les bienfaits que j'ai reçu depuis près de 30 ans de la part des médecins spécialistes et du corps médical en général. Encore aujourd'hui, je continue de recevoir ces bienfaits. Il faut savoir qu'il y a environ 70 patients au Québec qui sont dans mon cas.
Voici mon histoire : J'aurai bientôt 67 ans. En 1978, j'ai subi une hystérectomie partielle, l'ablation d'un ovaire et une partie de l'autre. De 1982 à 1999, j'ai eu sept opérations pour des adhérences dans l'abdomen. Jusque là, ça n'allait pas trop mal : quand j'avais trop de mal à cause d'occlusions, un chirurgien enlevait des adhérences. En 1999, le chirurgien m'a dit que pour la première fois, il m'avait enlevé environ deux pieds d'intestin.
En 2007, mes intestins se sont complètement bloqués. J'étais au chalet et j'ai dû aller d'urgence à l'hôpital. C'était le 24 juin 2007. Un chirurgien m'a opérée. Il a refermé l'abdomen et, après quelques jours d'hospitalisation, m'a retournée chez moi, et m'a dit d'aller voir mon médecin de famille si j'avais du mal. Je suis retournée à la maison le 5 juillet. Le 15 juillet, je suis allée d'urgence à l'hôpital : la plaie était ouverte et j'étais très faible.
À l'hôpital, le Dr Christian Lévesque, chirurgien, m'a examinée. J'avais tellement mal qu'on m'a donné des sédatifs. Le chirurgien a dit à mon conjoint qu'il devait aller voir ce qui se passait et j'ai été opérée d'urgence. Ils ont fait une biopsie et Dr Lévesque a dit à mon conjoint que s'il y avait du cancer qu'il ne m'opérerait plus. Heureusement, il n'y avait pas de cancer. Il m'a réopérée quelques jours plus tard et a prévenu tous les membres de ma famille qu'il était possible que je ne survive pas à cette opération, une opération qu'il a qualifiée de « Rock ‘n Roll ».
L'opération d'une durée de 4,5 heures a été faite par Dr Christian Lévesque et un autre chirurgien, le Dr Gyopar. Ils ne m'ont laissé que 60 cm d'intestin. Dans leurs mots, ils ne pouvaient pas faire de continuité intestinale autre qu'une iléostomie, donc une jéjunostomie en fait terminale. J'ai été plusieurs jours aux soins intensifs, endormie, parce que je souffrais trop.
Je souffre du syndrome de l'intestin court. Comme nous sommes peu nombreux avec cette maladie orpheline, l'expertise des médecins spécialiste est rare. Il n'y a pas de recherche pour cette maladie. Ayant un intestin court, je suis obligée d'avoir de la nutrition parentérale (NDLR : alimentation injectée, qui passe par une autre voie que la voie digestive) ce qui n'est pas non plus très connue.
Dr Lévesque, mon chirurgien, et une nutritionniste de l'Hôpital Anna-Laberge m'ont, tous les deux, suivie régulièrement. Selon ma compréhension, mes intestins étaient sains avant l'opération, mais pris dans des adhérences. N'eût été de ces adhérences, je n'aurais pas eu de problèmes aux intestins. La nutritionniste ne pouvait me traiter comme une patiente ayant la maladie de Crohn, elle a dû adapter ma diète en conséquence. Heureusement, il y a à l'Hôpital Royal Victoria un centre de recherche pour la nutrition parentérale à domicile. Depuis vingt ans, on cherche à comprendre comment nourrir et maintenir en santé quelqu'un comme moi. J'ai donc été transférée à cet hôpital.
Au début, tous les jours, je devais m'alimenter 13 heures par jour, maintenant après 3,5 ans, ça ne prend que 10 heures par jour, et ce, 3 fois par semaine. J'ai une liste d'aliments qu'il est préférable que je ne mange pas, mais cette liste est beaucoup moins importante maintenant. Je peux appeler l'hôpital en tout temps pour poser mes questions. J'ai les meilleurs soins du monde et je peux vivre une belle vie grâce à ces gens dévoués et très consciencieux. J'espère très bientôt n'avoir que 2 jours de nutrition parentérale par semaine.
Aujourd'hui, je dis que la médecine m'a gardée en vie et que la recherche aidera à améliorer ma qualité de vie. Je peux témoigner que tout le mal qu'on dit sur le dos du corps médical est bien loin de la réalité. J'ai eu des soins exceptionnels partout où j'ai dû être soignée.
Je souhaite que ce témoignage vous encourage à continuer dans ce que vous faites si bien. Bravo, nous avons besoin de vous, nous dépendons de vous. Merci, merci.


