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Le médecin et les médias sociaux
Grands noms de la médecine au Québec
Tout est question de culture !
Si l'être humain avait les mêmes capacités de régénération corporelle que la salamandre, Dr François A. Auger travaillerait certainement sur un autre projet. Car le grand nom de la médecine de cette édition carbure aux défis extrêmes et a mille projets en tête pour l'avenir.
François Auger est né à Québec d'une mère française et d'un père québécois, qui était chirurgien cardiovasculaire. Pourtant, jeune, il n'avait rien su de la carrière de son père ; à la maison, entouré des siens, ce dernier n'en parlait tout simplement pas. Amoureux des sciences et des mathématiques, à l'université, il choisit l'actuariat, mais réalise rapidement que ce n'est pas vraiment ce qui l'intéresse. Le destin fait, qu'un jour, il accompagne son père à l'hôpital, un univers fascinant qu'il ne connaissait pas.
Dès lors, il effectue les démarches pour changer d'orientation et profite de l'occasion pour revoir sa façon de faire, ses priorités. Il veut prendre le temps de vivre tout en maintenant, bien entendu, d'excellents résultats scolaires ! Passionné de culture, il commence à fréquenter la cinémathèque. Il voit parfois deux à trois films par semaine et quand il ne peut aller au cinéma, c'est avec un bon livre qu'il termine ses soirées. À la blague, Dr Auger avoue que la lecture est sa seule et unique drogue… douce ! Cette passion pour la culture ne s'éteindra jamais.
Son diplôme de médecine en poche, il doit faire le choix entre la médecine générale ou une spécialité. Au début, il s'imaginait travailler dans un village isolé à s'occuper de la santé des autres ; celui qui doit décider d'envoyer un patient au loin pour avoir des soins particuliers. « De lourdes responsabilités », se dit-il. Puis, de l'autre côté, s'orienter vers une spécialité médicale pour repousser les limites de la connaissance.
Finalement, développer une expertise particulière dans un champ donné l'attire plus que tout. Et c'est lors d'un stage qu'il découvre les spécialités de laboratoires, particulièrement la microbiologie infectiologie. Il constate qu'il est possible de s'occuper d'un patient autant en personne par un examen clinique qu'en laboratoire par l'analyse approfondie des prélèvements. Les notes cliniques peuvent être validées ou donner lieu à une toute autre approche thérapeutique.
Dr Auger est devenu microbiologiste en 1982 (Université de Montréal), puis a fait une surspécialisation au Maryland où il est resté une seconde année, invité à titre de Guest scientist pour le National Institute of Allergy and Infectious Diseases. Pendant cette année, il organise ce qui deviendra le plus important congrès sur le sida, une maladie émergente encore inconnue au Québec et pour laquelle il développe une grande expertise. Dr Auger démontre un grand intérêt pour le sida et publie cinq articles scientifiques. On lui offre un poste à Baltimore où il aurait pu y poursuivre une carrière très prometteuse.
Il choisit plutôt de retourner à Québec où l'Hôpital Saint-Sacrement l'attend avec des conditions particulières. On lui accorde du temps pour ses activités de recherche… une fois son temps clinique complété, bien entendu ! Dès 1985, il met sur pied et dirige le Laboratoire d'organogénèse expérimentale (LOEX), puis le Centre de recherche FRSQ au Centre hospitalier universitaire affilié (CHA). D'une équipe d'une quinzaine de personnes dans les débuts, il dirige aujourd'hui plus de 625 personnes au seul Centre de recherche du CHA. D'ailleurs, lorsqu'il parle de ses projets, il donne tout le mérite à ses employés. Mais d'où proviennent tous les projets sur lesquels il travaille ? Dr Auger est un véritable passionné. Il admet avoir forcé le hasard… Dès qu'on lui présente quelque chose qui pourrait avoir un impact sur son travail ou sur le patient, son intérêt s'éveille.
C'est ainsi, qu'un jour, à la demande de collègues plasticiens et avec l'appui financier de la Fondation des pompiers pour les grands brûlés du Québec, il s'intéresse à la culture et à la reconstruction de tissus. En l'espace d'un an de recherche, il réussit la première culture d'épiderme ainsi que sa transplantation sur un humain. Le génie cellulaire devient son axe principal de recherche et, rapidement, son expertise sera reconnue à l'international. Depuis la création du LOEX, il a dirigé des travaux portant sur le renouvellement cellulaire, la reconstruction cutanée, les vaisseaux sanguins, la greffe de cornée, pour ne nommer que ceux-ci. Il n'utilise que des sources humaines vivantes pour ses travaux.
Ce ne sont pas les défis et les projets qui manquent au Dr Auger. La recherche est avant tout une question d'argent… parfois impossible à aller chercher et qui dépend de plusieurs facteurs. La recherche fondamentale le passionne et les nombreuses reconnaissances obtenues au fil des années le prouvent. Mais il n'a pas oublié ce qui lui permet de garder l'équilibre de vie : la culture, les livres, les films.


