Vraiment le « flop de l'été » ?
En réponse au texte d'Alain Dubuc intitulé « Flop de l'été », publié dans l'édition de La Presse du 9 septembre
Dans son texte publié le 9 septembre dernier, M. Dubuc qualifie de « Flop de l'été » l'annonce du Collège des médecins du Québec permettant à certains résidents d'obtenir un permis temporaire de pratique, annonce conjointe à laquelle participait la Fédération des médecins résidents du Québec et la Fédération des médecins spécialistes du Québec.
Nous partageons d'emblée l'analyse de M. Dubuc en ce qui a trait à la lenteur bureaucratique du système de santé et à ses incongruités, ce que personne ne nie d'ailleurs. Cependant, quelques nuances s'imposent.
D'abord, l'initiative du Collège des médecins procédait d'une intention, à notre avis, fort louable. Le CMQ a voulu profiter d'une ouverture dans la réglementation actuelle afin d'accélérer, croyait-il, la venue de renfort dans un système qui manque cruellement d'effectifs. Faut-il blâmer le CMQ et ses partenaires d'avoir voulu faire oeuvre utile dans ce dossier? D'avoir tenté de trouver une solution, de faire quelque chose ? Je crois sincèrement que non.
Certes, il aurait préalablement fallu que l'ensemble du processus soit complété avant de procéder à cette annonce, donc que des modifications soient apportées à la fois aux Lois et aux cadres réglementaires existants. L'erreur aura été d'avoir tenté de devancer les choses. Encore faut-il rappeler que ces modifications ne sont pas du domaine des bureaucrates, mais échoient d'abord aux élus. Or, au moment où cette annonce a été effectuée, l'Assemblée nationale ajournait ses travaux. Il aurait également fallu que des projets de loi, prévus à cette fin, puissent cheminer selon le règlement et avec le consentement des deux Oppositions.
À la FMSQ, il s'agit d'un dossier pour lequel une solution globale est souhaitée depuis longtemps. Il fait l'objet de discussions avec les représentants des spécialités médicales. Voilà pourquoi nous avons appuyé cette initiative, même si nous la savions incomplète etprématurée dans les circonstances. Toutefois, notre objectif principal demeure : nous souhaitons étendre cette mesure à l'ensemble des spécialités, estimant qu'environ 400 résidents pourraient ainsi s'en prévaloir. Nous sommes profondément convaincus que de tels allègements sont non seulement nécessaires, mais essentiels. Ce faisant, nous allons nous assurer du cheminement de ce dossier dans les meilleurs délais, en sollicitant l'étroite collaboration de tous les intervenants concernés.
Encore une fois, même si le résultat de cette opération peut sembler décevant à plus d'un égard, on ne peut blâmer quiconque d'avoir au moins essayé de faire quelque chose et cinq médecins résidents de plus valent encore mieux qu'aucun.
Gaétan Barrette, M.D.
L'auteur est président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

