À Solferino (dans la Province de Mantoue, au nord de l'Italie), l'Empereur Napoléon III, à la tête d'une armée franco-piémontaise, écrase les Autrichiens dans une bataille extrêmement meurtrière. Des milliers de blessés agonisent faute de soins. Des appels aux secours restent sans réponse. Témoin de cette tragédie, un citoyen suisse, Henry Dunant, improvise des secours avec le concours des populations civiles locales. Il assiste sans discrimination les soldats des deux camps. Fortement ébranlé par ce qu'il vient de voir, Henry Dunant publiera à son retour l'un des premiers reportages de guerre : « Un Souvenir de Solférino » dans lequel il dénonce les horreurs des combats.
À partir de ce jour, des milliers d'hommes, de civils, de soldats, de prisonniers auront droit à ces gestes fraternels qui rendent moins cruelles les heures d'épreuve et de souffrance. 5 ans après Solférino, l'idée d'Henry Dunant a fait son chemin. Un comité de 5 personnes s'est constitué à Genève afin d'examiner les moyens à mettre en œuvre pour protéger les blessés sur les champs de bataille.
Pour mettre en œuvre ses propositions, il fonde en février 1863 avec cinq amis genevois le Comité international de secours aux militaires blessés, qui organise aussitôt à Genève une première conférence réunissant seize États, en octobre 1863, et décide de constituer dans chaque pays un Comité national de secours aux militaires blessés (les futures Sociétés nationales de la Croix-Rouge). Une seconde conférence se termine par la signature, le 22 août 1864, de la première Convention de Genève, qui affirme le principe de neutralité des blessés et du personnel sanitaire et adopte l'emblème de la Croix-Rouge. L'organisation allait progressivement devenir universelle.